Chronique : Transmetropolitan T1 Le Come-back du siècle

Transmetropolitan T1Scénario de Warren Ellis Dessins de Darick Robertson Editions Panini Public : 100% adulte et prêt à découvrir un univers pas comme les autres Pour les bibliothécaires : absolument incontournable si le budget peu suivre (car un peu cher 29€)

Finesse brute dans un monde de...

"En haut d’une putain de montagne : voilà que cet ignorant de baiseur de putes d’éditeur de mes deux m’appelle et me dit…"Transmetropolitan 1 Posons l’idée principale de cette chronique maintenant, sans attendre les présentations d’usage et les effets de style : Transmetropolitan est une bombe ! On divise souvent la BD américaine en deux courants : le mainstream autrement dit les super-héros avec les deux ogres DC Comics/Marvel et le graphic novel/underground avec des auteurs comme Crumb, Pekar, Eisner, une bande dessinée sans doute plus proche de la BD européenne. Pourtant depuis les années 70, au sein même du mainstream, a émergé tout un mouvement d’auteur prêt à vous sortir des œuvres de qualité se situant à la frontière du comics grand public et du mouvement underground. Alan Moore est sans aucun doute la figure la plus marquante de cette BD et ce n’est sans doute pas pour rien si le héros de Transmetropolitan, emprunte ses traits dans les premières pages (pour détail cf les images accompagnant cette chronique). alan mooreA l’image de l’œuvre (pharaonique) de l’hirsute anglais, Warren Ellis et Darick Roberston se sont eux aussi amusés à titiller les codes du comics tout en prenant un pied magistral avec leur espèce de journaliste évoluant dans cette mégalopole du futur gonflée au stéroïde. Spider Jerusalem, son nom et déjà tout un programme, pratique le  journalisme gonzo. C’est une méthode visant à s’immerger complètement dans son sujet en prônant l’ultra-subjectivité (vous pourrez lire l’explication sur wikipedia). De ce fait, chaque histoire est pour Spider Jerusalem et le lecteur, un moyen de se plonger à corps perdu au beau milieu de la société engendrée par nos descendants. Et croyez-moi ce n’est pas beaucoup plus fameux qu’aujourd’hui (je vous avais dit de ne pas laisser vos enfants regarder la Star Ac'...).  Pourquoi faire ? Mais pour simplement montrer la vérité. Finalement, tout irait pour le mieux si Spider Jerusalem n’était pas complètement allumé. Car le journalisme avec lui c’est coups de feu, insultes et folie douce. La quête de vérité chez ce personnage est destructrice aussi bien pour lui que pour les autres. Cependant, il n'est pas convenable de limiter Transmetropolitan à ce résumé. La série n’est pas une accumulation de baffes, gros mots et autres choses du même genre. Comme pour son "héros", il ne faut pas s'arrêter aux apparences. Les histoires sont aussi des prétextes pour porter un regard intelligent sur les travers actuels ou possibles (voire probables) de notre société. Si la plupart des aventures (12 en tout dans le premier volume, 6 volumes en tout) sont bruits et fureurs, d’autres témoignent en revanche d’une qualité d’analyse et d’écriture tout à fait certaine. Je pense en particulier au récit des Ressuscités abordant le thème de la mémoire et de l’histoire. On pourrait également évoquer l'hilarante analyse de la télévision ou encore l'immersion dans le salon des religions.  Toutes ces événements donneront lieu à des futurs articles et c'est à ce moment précis, quand Spider Jerusalem écrit qu'il est bien le plus dangereux... ou le plus authentique. Ensuite, c'est au lecteur d'interpréter. Par cet aspect, Transmetropolitan se démarque d’œuvre comparable comme Preacher ou Wanted, car son intérêt n’est pas seulement dans la caricature et la provocation mais bien dans les messages plus ou moins obscurs, plus ou moins moraux dont il est porteur. Bref, si vous en avez marre des types en collant, si Alan Moore vous fait rêver mais si Robert Crumb ce n’est pas encore pour vous, alors lisez Transmetropolitan ! Une œuvre à la fois jouissive par ses folies et intelligente par son écriture. A noter : cette chronique s'inscrit dans le challenge BD de Mr Zombi auquel IDDBD participe !

9 réflexions au sujet de « Chronique : Transmetropolitan T1 Le Come-back du siècle »

  1. Bon moi je fais partie de ceux qui ne savent pas lire les comics, excepté quelques romans graphiques…

    Je fais un gros blocage sur les dessins et ça ne change pas avec ce Metropolitan…

  2. Sur metropolitan le plus gênant est peut-être la couleur en fait. Très bariolé, très agressif.

    Après le dessin n'est pas très différent de la BD européenne. Pour moi, un bon scénario sauvera de toute manière l'ensemble !

    Bon je pense que la chronique de la semaine prochaine devrait plus te plaire alors 🙂

  3. Il y a déjà un bail que j'ai envie de lire le Transmetropolitan vu tout le bien que j'en ai entendu. Ton billet a achevé de me convaincre, je pense que je vais me le procurer dès que possible.

    Ah et sinon félicitations pour votre déménagement, la nouvelle mouture d'IDDBD est vraiment très classe et j'aime beaucoup les petits conseils pour les bibliothécaires, je pense que je n'hésiterai pas à les exploiter au boulot 🙂

    1. Oui, dans une médiathèque ou ailleurs, n'hésite surtout pas c'est vraiment très très bon. Bon, il faut faire parfois une pause en cours de lecture car c'est très fourni mais c'est franchement très bon. Pour le reste merci beaucoup. Pour les conseils, c'est mon points de vue perso , chacun fait ce qu'il en veut.

  4. J’ai pu lire cette série dans la médiathèque de ma ville.
    Et maintenant je veux absolument l’avoir chez moi. Le soucis c’est que l’éditeur français a été racheté par une autre boite, qui n’imprime plus la série. Les prix sur le nets ont considérablement augmentés.

    On attend donc une nouvelle impression du nouvel éditeur. Par pitié, entendez mon appel !

    1. En fait, Panini n’a pas été racheté mais a perdu les droits de publication de l’éditeur américain au profit de Media Participation (en gros le groupe Dargaud). La série « Preacher » est dans le même cas. Ce fut aussi le cas pour Top Ten d’Alan Moore quand Semic a perdu les droits au profit de Panini… bref, c’est un peu l’histoire sans fin.
      Un bon lecteur de BD se voit à sa patience ^^

      Mais je partage ton avis, une super série !

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