Alan passe à l’Est

Guibert, japonais (dessins et textes d’Emmanuel Guibert, éditions Futuropolis)

En 2005 et 2007, Emmanuel Guibert devient lauréat de la Villa Kujoyama. Pour simplifier les choses, cette récompense offre la possibilité à un artiste, écrivain ou autres créateur de s’expatrier sous l’égide du ministère de la Culture et de travailler en résidence d’auteur au cœur même du Japon. Emmanuel Guibert y fera deux séjours de 15 jours et 3 mois. Ce magnifique livre est le résultat de ses pérégrinations au pays du soleil levant.

Attention Guibert, japonais n’est pas une BD, c’est un recueil. D’abord un recueil de textes, des petites histoires personnelles ou imaginées d’un artiste en voyage, des histoires de rencontres et/ou d’incompréhensions, des histoires de vie ou de décalages culturels complexes, bref des histoires de quotidien. Ces récits
japonais ont en commun la plume magnifique voire même magique d’un homme qui aime l’expression dans toutes ses formes et la communication dans son plus noble rôle, celui de partager. Mais ça, Guibert nous y avait habitué, c’est un magnifique conteur d’histoire (De La Fille du professeur au Photographe en passant par La Guerre d’Alan etc…)

Mais Guibert Japonais, c’est aussi une galerie de dessin dont le but est là encore de nous faire ressentir les événements. De la planche de bois au petit carnet d’écolier comme support, de techniques photographiques en essence de kaki comme outil, il donne vraiment l’impression d’avoir tout essayé. Et son travail est saisissant de diversité et de créativité. Esquisses, croquis, tableau, c’est un voyage pour lui et une vague de sensation pour nous. Les images habituelles du japon sont là : les temples, rues, calligraphies… Mais l’importance, la sensibilité se retrouve dans des détails : une mèche de cheveux, un policier, un vélo, des reflets de soleil sur la banquette arrière d’un taxi, un oiseau perché… Finalement des choses relativement proches de nous. Et le tour de magie est réussi, l’évidence même de l'existence de ce livre apparaît simple, implacable, n’ouvrant pas la moindre discussion : Emmanuel Guibert est japonais et jusqu’à la fin du livre, il nous offre un élément de cette identité afin que nous aussi, nous en faisions partie. Le livre fermé, c’est l’envie de repartir qui reprend ses droits. Ouvrir de nouveau ce livre devient alors tout aussi évident.

A lire : la fiche album sur le site de Futuropolis
A découvrir : le site de la villa Kuyojama

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD

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