Black is beautiful !

Liberty (scénario de Eric Warnauts, dessin de Eric Warnauts et Guy Raives, éditions Casterman)

"Kinshasa, 1974. La jeune Tshilanda, fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international de la capitale zaïroise, vient d’avoir seize ans. La petite fille s’est métamorphosée en une séduisante jeune femme qui attire tous les regards masculins. L’un de ces hommes, Alan Mc Laren, le très magnétique manager du groupe de James Brown, alors de passage au Zaïre, ne va faire qu’une bouchée de la naïve Tshilanda. La jeune fille est enceinte…

Il faut la faire quitter le Zaïre, éviter le scandale. Deux hommes, attachés l’un et l’autre à Tshilanda, vont l’aider dans cette entreprise : Edouard, un diplomate français de Kinshasa, et Mike, un musicien noir américain de Harlem, ancien G.I. du Vietnam devenu le batteur de James Brown. Grâce à l’alliance improbable de ces deux personnages, Tshilanda obtient une green card lui permettant de partir pour les Etats-Unis, où elle accouche d’une petite fille. Elle l’appelle Liberty…"

Voilà pour le début de l'histoire, tel que vous pourrez le lire sur le site de Casterman. Pour la suite, vous n'aurez aucun mal à entrer dans ce magnifique album de Warnauts et Raives qu'à ma grande honte, je viens de découvrir avec Liberty. Vous n'aurez pas de mal non plus à vous attacher à Tshilanda puis à sa fille, à ces deux femmes dont les destins - entre Afrique et Amérique - ne peuvent que vous toucher...

D'autant que le dessin, assuré par les deux artistes, possède cette juste sobriété, cette élégance discrète, ce rythme parfait qui mettent assurément en valeur le propos du scénariste. De la bien belle ouvrage (et on est difficile ici) !

Reste à découvrir (enfin pour moi !) les précédents albums de ce duo magique...

A savoir : Warnauts et Raives dédicacent Liberty, aujourd'hui à la librairie Boulevard des bulles (50, boulevard Saint-Germain dans le 5ème à Paris). Et c'est à partir de 16h00...

A lire : les premières pages de Liberty sur le blog opoto.org

A découvrir : le blog de Warnauts et Raives

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !

Un album géant !

ASPIC, Détectives de l'étrange - Tome 1 : La naine aux ectoplasmes (scénario Thierry Gloris, dessin de Jacques Lamontagne, collection Quadrants, éditions Soleil)

Attention ! Attention ! C'est tout chaud, ça vient d'arriver dans vos bacs (et dans ma bédéthèque, mais ça, on s'en fout...) et c'est du bon, du très bon, de l'excellent même !

Commençons donc par l'évident, l'immédiat, l'instantanné : le dessin. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Jacques Lamontagne n'a pas accouché d'une souris (désolé, il fallait que je la fasse celle-là...), ni d'une palette graphique. Il sait tenir un crayon, et par le bon côté encore ! Son trait est vivant, fluide, juste, expressif... bref magnifique ! Ses perspectives, ses points de vue sont parfaitement maîtrisés de sorte que chacun de ses dessins est un vrai plan cinématographique et qu'en définitive, le lecteur a autant l'impression d'avoir vu un film que d'avoir lu une bande dessinée. Impressionnant !

D'autant plus impressionnant que le scénario de Thierry Gloris ne court pas après le dessin ! Certes l'intrigue de départ est intéressante, jugez-en par vous même à la lecture du pitch : "Kathy Wuthering a disparu ! De la plus célèbre des médiums parisiens que consultait le tout-Paris de ce XIXe siècle, ne reste aujourd’hui que deux globes oculaires sanguinolents. Auguste Dupin, fin limier et scientifique pointilleux va faire la lumière sur cette horrible affaire. N’en déplaise au rigoriste « enquêteur phénoménologue », pour y parvenir, Dupin aura besoin de son extravagante assistante, Flora Vernet."
Mais Thierry Gloris sait ménager ses effets narratifs, placer ses rebondissements aux moments appropriés, distiller son humour avec doigté ainsi que des ambiances plus glauques... On ne s'ennuie à aucun moment !

Enfin, selon Jacques Lamontagne (propos recueillis sur le forum Soleil), La naine aux ectoplasmes est le premier tome d'un diptyque. Si l'accueil des lecteurs est à la hauteur des epérances de l'éditeur et des artistes (ce qui ne devrait pas poser de soucis...), la série se poursuivra sous cette forme (à la manière de W.E.S.T. par exemple). IDDBD attend avec impatience non seulement le second tome d'ASPIC mais également les suivants !

Pour finir, même si cela paraît un peu puérile, je dirais que c'est aussi pour des albums comme ASPIC que je suis passionné par la BD...

A déguster : 8 belles pages d'ASPIC  et encore quelques planches sur le forum du site Soleil

A dévorer : les belles images du Facebook de Jacques Lamontagne

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !

Agenda

Salon du Livre de Paris

Du 26 au 31 mars, aura lieu la 30e édition du Salon du Livre de Paris à la Porte de Versailles. Allez, à la chasse aux dédicaces sur les stands de vos éditeurs préférés !

Plus d'infos sur le site du Salon

Festival Ch'tite Bulle de Lille

Le salon de la BD, du comics et du manga se tiendra les 27 et 28 Mars 2010, rue Norbert Ségard à Lille (de 10h à 19h le 27/03 et de 10h à 18h le 28/03). Entrée gratuite et de nombreux artistes sur place !

Site du Festival

Rencontre privée avec Trondheim et Parme !

Rencontre privée avec Lewis Trondheim et Fabrice Parme pour la sortie de "Panique en Atlantique" le vendredi 16 avril 2010 à 20h à la Fnac Montparnasse.

Sur invitation uniquement : à retirer à l'accueil du magasin à partir du 1er avril.

Attention : ceci n'est pas un poisson !

Une histoire d’histoireS

Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie ! (scénario et dessins de Camille Jourdy, Ed. Drozophile, 2004)

C’est l’histoire d’une petite fille prénommée Anna découvrant la mort, Dieu, la
vérité et le point d’interrogation ; d’un écrivain ruminant le destin d’Adèle, petite bibliothécaire à la vie bien tranquille ; d’Adèle justement, bibliothécaire qui préfère imaginer la vie qu’elle pourrait vivre ; d’Ivan Bertin, pirate mélomane décédé, devenu fantôme et portrait encadré dans le salon de ses descendants ; de Lili, cousine péruvienne rose d’un célèbre monstre de lac écossais. C’est également l’histoire d’Anna supportant son mari écrivain en panne d’inspiration et qui en a soupé d’Adèle !

C’est un peu sous le coup de l’émotion que j’écris cette chronique. Ça n’arrive pas souvent car en général je digère plusieurs jours avant de rédiger mais là je n’ai pas pu. Tout d’abord, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie ! est ma première rencontre avec Camille Jourdy. Avant Angoulême 2010, elle était totalement inconnue pour votre humble serviteur… Oui bon ça va, j’ai honte ! Et vous avez le droit de me chambrer dans les commentaires. Mais contrairement à vous, il me reste tout le reste à découvrir (gnagnagna !!) En plus, j’ai eu la chance de commencer par le début car cet album est sa toute première BD parue en 2004. Ensuite, l’album en lui-même. Et là, un seul mot pour qualifier ce premier coup d’essai : brillant !

Brillant car d’une incroyable fraîcheur. Oui je sais, le terme de fraîcheur abusivement usité dans les critiques cache souvent le côté pas complètement accompli d’une œuvre. « Ah bah oui c’est bien, c’est frais, pas totalement ça mais bien quand même ! C’est agréable à lire quoi ! ». Ce n’est pas du tout mon propos. Au contraire.

Cet album respire le talent. Graphiquement, chaque planche est une surprise en soi, alternant simplicité et grande maîtrise, caricature et choix de cadrages audacieux, capable de passer de la stricte réalité à la poésie la plus onirique voire à une relative osbscurité. Le dessin de Camille Jourdy n'est pas beau au sens classique du terme mais il est d’une rare sensibilité. Ensuite, l’histoire ou plutôt les histoires. Différentes au début et s’enchevêtrant naturellement grâce à une inventivité remarquable, une grande maîtrise des multiples narrations. Tout est lié, tout est pensé simplement pour amener vers des thèmes audacieux et pourtant maintes fois revues (le sens d’une vie, la créativité, la réalité/fiction etc…). Et puis, lorsqu’on se targue de vouloir faire parler des écrivains dans ses livres, il faut une plume pour le faire. Et de ce côté-là, Camille Jourdy rejoint des gens comme Frederik Peeters. Son écriture est superbe : souple, sonnante, simple et maîtrisée. Un peu comme son dessin qui se permet de changer en fonction des besoins. Non vraiment, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie ! est une bouffée d’air pur, un petit bijou caché au fond d’une malle (ou dans le ventre d’un poisson géant rose se prénommant Lili), un vrai grand beau album, un incontournable ! Un livre à faire connaître à tous ceux qui aiment les livres à part tant originalité rime avec talent ! Comment ça je m'enflamme ????!!!!

Qu'ajouter ? Ah oui !
« Dès lors, Anna tomba amoureuse du point d’interrogation. »
J’adore cette phrase mais je ne voyais pas comment la mettre dans la chronique. C’est fait ! 🙂

A lire absolument : la superbe chronique de du9.org, Je suis jaloux. J'ai failli la recopier texto après avoir relu la mienne mais bon...

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !

Purée, ce Martin Vidberg !

Vu en passant...

... L'actu en patates, le blog de Martin Vidberg. Que dire ? Des limites des chroniques BD : en allant voir par vous-même le blog de Martin Vidberg vous pourrez mesurer l'intelligence du propos, l'humour affuté et le talent du dessin.

Mais attention, l'actualité quotidienne passée à la moulinette n'est pas la seule corde à l'arc artistique de Martin Vidberg. L'artiste a également publié d'excellents albums :

Perdus sur l'île déserte (Diantre ! éditions, nov. 2009),

Les instits n'aiment pas l'école (Diantre ! éditions, août 2008),

Le blog (avec Nemo7 au scenario, éditions Onapratut, mai 2008),

Les passeurs T1 et T2 (éditions Carabas, février 2007 et janvier 2008),

Journal d'un remplaçant (éditions Delcourt, janvier 2007),

J.O. 2012 (éditions Danger Public, oct. 2006).

Comme vous pourrez aisément l'imaginer (puis le constater en les lisant), chacun de ces albums reflète les qualités que vous aurez appréciées sur le blog ! Quand je vous le disais : des limites des chroniques BD...

A visiter : L'actu en patates de Martin Vidberg

A visiter (aussi) : le site de Martin Vidberg

A visiter : les sites d'éditions qu'IDDBD vient de (re)découvrir telles que Diantre ! éditions, Onapratut et Danger public

Agenda

Rencontres du 9e Art d'Aix en Provence

La 7e édition des Rencontres du 9e Art d'Aix en Provence aura lieu du 22 mars au 25 avril 2010.

La bande dessinée sera ainsi mise à l'honneur dans les musées, galeries d'art, café, ainsi que dans la Cité du livre.

Événements majeurs : les Rencontres-dédicaces organisées les 9, 10 et 11 avrll 2010. Plus de 60 auteurs vous attendrons à la Cité du livre.

Plus d'infos sur le site de l'événement.

Blueberry Origins…

La jeunesse de Blueberry (scénario de Jean-Michel Charlier, dessin de Jean Giraud, éditions Dargaud ; scénario de François Corteggiani, dessin de Colin Wilson et Michel Blanc-Dumont, éditions Novedi, Alpen Publishers et Dargaud)

Wahou ! Comment prétendre que l'on est fan de BD western sans avoir chroniqué, en quatre ans, les aventures du Lieutenant Blueberry ? Impensable ! Heureusement, voilà la faute réparée ! Bien entendu, j'aurai pu commencer par la série principale consacrée à Blueberry, la première que Jean-Michel Charlier ait scénarisée et que Jean Giraud ait mise en image dès 1963 dans le magasine Pilote... J'aurai pu, certes (et cela viendra en son temps, croyez-moi...). Mais autant commencer "historiquement" par le commencement, et découvrir comment le jeune Mike Donovan, fils d'un planteur du Sud, est devenu - en 1861 - Mike Steve "Blueberry", clairon d'un régiment de cavalerie de l'Armée Fédérée.

D'autant que ces premières aventures (imaginée dès 1968 et "albumisées" à partir de 1975) ne constituent pas un gadget superfétatoire. Elles éclairent vraiment le caractère et les ressorts intimes du lieutenant le plus insolent et indiscipliné de la cavalerie américaine. Dans La jeunesse de Blueberry, on découvre également que notre héros a toujours eu une propension marquée pour se retrouver impliqué dans des situations toutes plus compliquées et dangereuses les unes que les autres. On peut dire que les meurtres crapuleux, les chasses à l'homme épuisantes, les missions suicides, les quiproquo intenables et les haines tenaces pleuvent autours de Mike S. Blueberry comme les balles de revolver à OK Corral ! Pour vous forger un caractère, ça, ça vous forge un caractère !

Et autant avouer que notre plaisir de lecteur est proportionnel aux ennuis (pour rester poli) que rencontre Blueberry... qui est exactement le même plaisir que l'on éprouve lorsqu'on s'offre un bon film de western de la période classique (John Ford et consorts). Mais attention, si vous retrouverez bien entendu dans La jeunesse de Blueberry (comme dans les trois autres séries, du reste) tous les poncifs du genre, il faut reconnaître que l'approche de Jean-Michel Charlier était remarquablement novatrice à l'époque (1968). La complexité croissante de Blueberry tranche avec les postures relativement caricaturales des héros de far-west de l'époque, sans parler de ses rapports avec les minorités ethniques.

Bref, si vous aimez le western classique mais jamais mièvre, cette série est faite pour vous, d'autant qu'elle a l'autre avantage d'introduire la mythique série Lieutenant Blueberry qui est encore (à mon goût) un cran au-dessus !

A lire : la page Facebook de La jeunesse de Blueberry (et devenir fan !)

Pour aller un peu plus loin : "Le western dans la bande dessinée européenne" par Gilles Ciment

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !

ça commence aujourd’hui

La conquête du monde (en passant)

Ouep, rien que ça ! IDDBD s'agrandit et prend ses quartiers sur Facebook !

Devenez fan d'IDDBD et rejoignez notre entreprise de conquête du monde virtuel. Devenez vous aussi les prophètes de la BD en votre pays, portez l'étendard du phylactère au vent !
Soyez des nôtres et puis parlons-en !

Sans rire : retrouvez les chroniques, les infos (en passant ou pas), et puis les petites choses sympas que l'on glanera pour vous sur le net (et un peu pour nous aussi).

Et puis retrouvez-nous également histoire de tailler une petite bavette autour de la BD. Rien que pour ça, ça vaut le coup !

A tout de suite !

(Re)vu en passant

Vous disposez d'un peu de temps (30 minutes) le vendredi à 23h00, le samedi à 16h30 ou le dimanche à 11h30 ? Vous êtes l'heureux possesseur d'un boîtier TNT ? Et en plus vous aimez la BD ? Mais alors Un monde de bulles est exactement ce qu'il vous faut ! Diffusée sur la chaîne parlementaire Public Sénat, cette émission ne se contente pas de traiter de l'actualité de la BD. Elle aborde également le neuvième art sous des angles thématiques passionnants, démontrant encore (si besoin était) la richesse culturelle de la BD... Le tout mené par un Jean-Philippe Lefèvre au ton toujours juste et à l'érudition impressionnante... A ne pas rater ! A visiter : la rubrique Un monde de bulles sur le site de Public Sénat, où vous pourrez visionner les précédentes émisions A visiter : le blog Un monde de bulles

Vu en passant

Les lecteurs les plus anciens d'IDDBD savent bien qu'ici, on a nos petites manies. Assez nombreuses, il faut bien le reconnaître... Du western au manga, en passant par le roman graphique, les histoires sentimentales et bien d'autres encore, on ne peut pas dire que l'univers d'IDDBD soit monotone ! Sans parler de nos auteurs "chouchous" (dont on taira les noms pour ne froisser personne...). Aujourd'hui, IDDBD braque ses projecteurs (enfin, ses veilleuses, restons modestes...) sur deux dessinateurs passionnés d'aéronautique aux talents époustouflants. Remarquez, ça tombe bien : hier, David nous envoyait dans l'espace, aujourd'hui nous redescendons gentiment vers le plancher des vaches. Bref, Romain Hugault et Walther Taborda, puisqu'il s'agit d'eux, nous offrent sur leurs sites quelques belles images d'avions (notamment...). Le premier (dessinateur des hallucinants Au-delà des nuages et Le dernier envol) nous laisse entrevoir un premier extrait du troisième tome du Grand Duc, l'affiche de son exposition Pin Up Wings (du 19 mars au 19 mai 2010 à Genève) ainsi qu'une affiche réalisée pour le Meeting Aérien de la Ferté-Alais (les 22 et 23 mai prochain). Et c'est juste sublime ! Quant à Walther Taborda (le dessinateur des magnifiques Big Bill est mort et Paradis distant...), ses crayonnés pour "Le ciel est pour les faucons" sont tout aussi beaux ! Si j'en crois les informations lues sur son site, on peut espérer cet album - consacré à la guerre anglo-argentine des Malouines - pour le courant de l'année 2010. Autant vous qu'IDDBD garde ces deux artistes dans son collimateur... A visiter : les blogs de Romain Hugault et Walther Taborda PS : pardon pour le nombre de superlatifs employés dans cette chronique... Mais quand on aime...