Et on dirait que…

Shooting war (scénario d'Anthony Lappé, dessins de Dan Goldman, éditions Les Arènes)

2011, John McCain a été élu président des États-Unis quelques années plus tôt. Tout le monde a oublié le nom du candidat adverse. Le bon vieux conservateur, héros de la guerre du Vietnâm, a fait ce qu'il avait promis : rétablir la paix au Proche-Orient. L'Iran bombardé, la situation devient apocalyptique.

C'est dans ce contexte, que Jimmy Burns, journaliste amateur blogueur, profitant d'un incroyable concours de circonstance, est envoyé en Irak par une chaîne d'info en continue afin de couvrir les évènements. Burns est loin d'imaginer la réalité du terrain !

Quand j'étais petit, j'aimais bien jouer au "Et on dirait que..." (vous aussi j'en suis certain). Imaginant des situations impropables ou la fiction dépassait de loin la réalité. Ici, Dan Goldman et Anthony Lappé ont fait la même chose : "Et si Barack Obama..." Nous voici donc dans un univers à la limite de la déraison.

A l'origine, Shooting War est un webcomic, une bd publiée sur le net. D'où un graphisme très "numérique" (couleurs & dessins) profitant des possibilités qu'offrent l'informatique (intégration de photos, retouches...). Chaque case est une oeuvre à part même si toutes ne sont vraiment pas de la même qualité. Graphquement, Dan Goldman a tenté d'imaginer une atmosphère proche-orientale en 2011.

Edité juste avant l'élection américaine ce livre est une caricature de la politique et des médias américains. Comme toute caricature, la ficelle (certains personnages) est parfois un peu grosse. Mais n'est-ce pas l'idée même de caricature ? Dans l'ensemble, l'univers imaginé est vraiment crédible. Pour preuve, quelques jours après avoir lu Shooting War, je voyais un reportage sur les robots de combats et leurs futurs évolutions... très proches des pages du webcomic et terrifiant.

Si, à mon goût, Shooting War n'est pas un incontournable, il réussit quand même à toucher au but : choquer ! Une oeuvre qui laisse également entrevoir toutes les possibilités offertes par Internet dans le développement de la BD.

A lire : le site officiel Shooting War

Digibidi

Info du jour : lire, louer, acheter en ligne...

sur Digibidi. C'est quoi ce truc ? Et bien, ce site vous propose de louer (jusqu'à 72h) ou d'acheter des albums virtuels de vos BD préférées. Il vous permet même d'en lire les 20 premières pages, histoire de se faire une idée. Bien entendu, la liste des éditeurs est encore très limitée. Mais outre Soleil, on trouve également Les Requins Marteaux, Ego comme X ou les éditions ça et là.
Bon personnellement, je privilégie toujours mon libraire à moi mais pour se faire de bonnes idées, on peut feuilleter... A tester donc !

Y’a pas de raison…

Points de Vue (scénario et dessins de Peter Kuper, éditions ça et là)

Bon d'accord, je n'ai pas résisté. Les vacances approchent, le rythme se ralentit, je sors de ma grotte d'ours et surtout, je me rends compte qu'écrire des chroniques sur IDDBD me démange très souvent. Alors, pour faire d'une pierre deux coups, j'en profite pour souhaiter un bon anniversaire aux éditions ça et là qui ont fêté leurs 4 ans le 25 mai dernier.

On vous en a parlé régulièrement au cours de nos chroniques : Château l'attente, Bottomless Belly Button, Little Star (Andi Watson), Pictures of you et bien d'autre encore. Et à chaque fois, nous avons souligné la qualité exemplaire de leur travail d'édition et surtout de leurs talents pour dénicher de vraies perles (pardon des petits bijoux). Récemment, je suis tombé sur leur première publication, un petit livre intitulé Points de Vue (Eye of the Beholder) de Peter Kuper, une référence de la bd indépendante américaine. Initialement, les strips de 5 cases de ce recueil ont été publiés dans le New York Times.

En fait, le livre se divise en deux parties. La première est consacrée aux vues subjectives. On ne voit l'action que du point de vue de l'observateur. Ce dernier n'étant révélé qu'à la dernière case (après avoir tourné la page sinon c'est moins drôle). La seconde "regroupe les histoires d'un point de vue extérieur" (dixit la présentation).
Si je suis moins fan de la seconde partie, la première est vraiment très déroutante. On s'amuse à réflechir aux possibilités offertes par les 4 premières cases et souvent on se retrouve surpris par le résultat.

Ce livre montre surtout la grande vitalité de la bd indépendante américaine jouant sur les codes et les effets de style. C'est sympa, ça se lit avec le sourire au lèvres et ça prouve bien la grande qualité de l'éditeur !
Bon, entre nous, cette chronique a été écrite en moins de 25 minutes, ce qui est un record pour moi. Comme quoi, vous me manquiez !
A bientôt peut-être les IDDBDiens !
PS : je viens de découvrir qu'il existait un tome 2, que je n'ai évidemment pas lu. Donc si quelqu'un...

A (re)découvrir : le blog de ça et là avec les dernières infos sur Virginia de Dash Shaw.
A voir : le site officiel de Peter Kuper