Voilà, c’est fini…

Il y a trois ans, la première chronique d'IDDBD était illustrée d'un superbe Lapinot, seul. Pour le dernier billet d'IDDBD, Lapinot n'est plus seul : il est accompagné de son fidèle ami Richard. Pour moi, c'est un peu pareil. L'aventure IDDBD qui se termine aujourd'hui m'a permis de faire de très belles rencontres. La plus belle d'entre elles est certainement David, l'autre chroniqueur d'IDDBD dont j'ai adoré lire chacune des chroniques et dont j'ai suivi chacun des conseils de lectures. Merci David et merci à tous les lecteurs d'IDDBD qui nous ont suivi depuis trois ans ! Bonnes lectures à tous !

PS : au moment où je termine ce dernier billet, Canalblog affiche IDDBD sur sa page d'accueil ! Merci à Canalblog pour l'efficacité de son interface et sa facilité d'utilisation.

Ah ! Dernier commentaire : n'hésitez pas à fouiller les quelques 900 chroniques d'IDDBD pour trouver des idées de lectures et faire, pourquoi pas, de belles découvertes... Elles n'attendent que vous !


J'ajoute à mon tour, un petit grain de sel comme je l'ai souvent fait durant ces deux dernières années.
Merci Mike pour cet enthousiasme si communicatif et pour ta plume de chroniqueur-farfouilleur. Tu étais dans tous les recoins du web pour trouver tout et re-tout sur le petit monde de la BD. Mais bon, c'est usant et je comprends bien que tu ne puisses plus être au top. D'ailleurs moi-même... Alors voilà, pour nous IDDBD
se termine aujourd'hui.

En tout cas, de ma première chronique (Klezmer) à la dernière (Bottomless Belly Button), ce fut toujours un plaisir de partager avec vous et nous vous remercions tous d'avoir été si nombreux au fil du temps. J'espère que nous vous avons été utile dans vos choix de lecture (si vous êtes inscrit au fan-club de Frederik Peeters alors c'est bon pour moi).
Le clavier ne voulant pas me lâcher, je n'ajouterais qu'une seule chose...

bonne lecture à vous...

Bédéphiliquement et peut-être à bientôt...

Adieu l’ami…

L'info du jour...

... m'attriste profondément : c'est la mise en liquidation judiciaire de Pif Gadget. La première édition était née la même année que moi et le chien Pif avait été créé par José Cabrero Arnal, un républicain espagnol réfugié en France, comme mon grand-père. Et puis surtout, j'ai grandi avec ce magazine que j'attendais impatiemment chaque semaine, un peu pour le gadget, beaucoup pour la BD. Bref, comme beaucoup d'entre nous, j'ai de nombreux souvenirs personnels liés à ce magazine mythique... Heureusement que les mythes ne meurent pas (contrairement aux saloperies de pifises...).

Pitch du jour : Les quatre de Baker Street

Le pitch du jour... ... nous transporte aujourd'hui dans le Londres de la fin du XIXème siècle pour suivre Les quatre de Baker Street. Publiées par Vents d'Ouest, scénarisées par Djian et Olivier Legrand, dessinées par David Etien, les aventures de ces quatre jeunes sont tout simplement palpitantes (d'autant qu'on y croise, évidemment, le fameux Sherlock Holmes). Quant au dessin de David Etien, il est... comment dire ? Somptueux ? Oui, je crois que ça colle assez bien avec le trait de ce premier tome qui annonce une série que l'on suivra très attentivement sur IDDBD... Ah, au fait : Les quatre de Baker Street sortent aujourd'hui. Courez donc les rejoindre ! "Billy, Charlie et Black Tom sont inséparables. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l'East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la protection d'un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d'espions des rues... Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve... en s'adjoignant les services d'un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l'époque victorienne !" A voir : quelques planches à partir de la fiche album du site Vents d'Ouest

1000 portraits

L'info du jour...

... pour vous signaler une initiative passionnante de Rascal à qui l'on souhaite une très belle réussite ! Si la BD vous passionne et que la plume vous démange, Rascal vous offre de décrire, dans un texte de 2000 à 10 000 signes (espaces compris), votre personnage BD préféré. Dès que 100 portraits auront été écrits, Rascal les publiera sur son blog 100personnagesbd.over-blog.com. Pour plus de détail, courez sur la page d'accueil de 100personnagesbd.over-blog.com. Et tout de suite après, fouillez votre mémoire et votre bédéthèque à la recherche de VOTRE personnage fétiche... Tiens, qui sait si IDDBD ne proposera pas un texte ? T'en penses quoi David ? Et vous, quel est votre personnage BD préféré ou celui qui vous a le plus marqué. Allez, je me lance dans les commentaires ! Et si nous arrivions à 100 commentaires ?

A visiter : le blog 100personnagesbd.over-blog.com

Sans emploi

L'info du jour...

... va aujourd'hui trahir un petit secret ! Jibé, le génial dessinateur-scénariste de la BD en ligne Sans Emploi, nous réserve, demain, une surprise sur son site. Mais le plus simple reste de vous retranscrire le courriel que l'ami Jibé a adressé à ses abonnés (après avoir été voter pour Sans Emploi, ne ratez pas le post-scriptum de fin qui est juste tordant !)...

"Salut !

Vous le savez peut-être (ou pas), mais "Sans Emploi" est nominé pour le prix de la Révélation Blog d'Angoulême ! C'est grâce à vous, chers abonnés, que cette bédé a pu continuer si longtemps, vous qui vous êtes inscrit et tout et tout... vous faites un peu partie du cercle privilégié quoi ! Je vous remercie pour être passé sur le blog, et d'avoir éventuellement laissé un commentaire, tribut futile mais néanmoins essentiel...

Aujourd'hui, je vais avoir besoin de vous ! Ce fameux concours Révélation Blog détermine son lauréat parmi les blogs qui remporte le plus de suffrage du public. Ce n'est pas l'unique paramètre, mais ça a l'air important, donc bon... Votez, votez donc pour Sans emploi !!!

Tout est (mieux) expliqué là :
http://www.prixdublog.com/

On vote ici pour Sans emploi ici : http://www.prixdublog.com/voter-10.html

On peut même adhérer au groupe de soutien sur Facebook là (utilisons ce site avant qu'il ne nous utilise) : http://www.facebook.com/group.php?gid=41878732380

Et ma bédé "Sans emploi" est là (oui bon, on sait jamais) : http://www.sansemploi.com

Je vous remercie du temps que vous prendrez pour voter. Parlez-en autour de vous, faites circuler l'info, I need youuuuu. Et pour vous remercier de votre geste (à vot' bon coeur), j'ai joint au mail un petit quelque chose qui annonce ce qui va se passer lundi sur sansemploi.com... ceux qui suivent un peu savent ce que
ça signifie. Attention, vous êtes les seuls au courant ! Abonné oblige...

Merci pour tout !!

Jibé

PS : Si tu ne votes pas et que tu ne fais pas passer ce mail à tous tes contacts dans 11 secondes, 102 458,5 chatons seront décapités avec des seringues pleines de maladies tropicales, d'où vient un bon ami de l'ambassadeur qui, si tu lui laisses tes n° de compte, te crédite de 4 millions d'euros, comme ça, juste parce que t'as été cool. Par contre, si tu forwardes ce message à tes contact, je te dirais qui t'aime en secret..
."

Tout est dit ! Allez, on va voter pour Jibé !

Pitch du jour : La cuisine du diable

Le pitch du jour... ... concerne aujourd'hui l'intégrale de La Cuisine du Diable, une série de quatre tomes scénarisés par Damien Marie et dessinés par Karl T, publiée dans la collection Turbulences des éditions Vents d'Ouest. Si vous avez aimé Les sentiers de la Perdition (Road to Perdition) ou Blackjack de Steve Cuzor, alors vous plongerez dans cette Cuisine du Diable (peut-être en référence au quartier "chaud" de Hell's Kitchen, à Manhattan), entraînés dans le New York mafieux des années 1930. La Cuisine du Diable est une fresque à la Sergio Leone (Il était une fois en Amérique), vibrante, époustouflante, menée à rythme d'enfer. Dès le 13 janvier dans vos bacs...

"Chronique d’une enfance brisée mais prête à tout pour survivre dans l’Amérique de la Prohibition, gangrenée par la Mafia New York. 1931. Le jeune Anthony Poucet voit mourir ses parents d'une rafale de mitraillette. Un dérapage dans un règlement de compte entre bootleggers. Ça n’empêche plus personne de dormir dans Little Italy… Si ce n'est que ce petit meurtre banal va soudain déclencher une terrible guerre des gangs dans le sillage de ce gamin bien décidé à ne pas se laisser dévorer par son destin. Une croisade sanglante et haletante qui le mènera de drame en drame, jusqu'à croiser le chemin d'un certain Al Capone... La Cuisine du Diable est une grande saga policière inspirée par la cruauté et lesmanigances des Ogres dans nos grands contes enfantins, comme Le petit Poucet, Barbe Bleue ou encore Jack et le haricot géant. Récompensée au « Festival Polar & Co » de Cognac, elle constitue un mélange littéraire inédit et détonant, une oeuvre à la dramaturgie sombre et torturée, éclairée du feu de l'action la plus trépidante." A voir : quelques planches à partir de la fiche album sur le site de Vents d'Ouest

Trois temps

Bottomless Belly Button (nombril sans fond) (scénario et dessins de Dash Shaw, traduction de Sidonie Van Den Dries, Editions Ça et là)

"Notre histoire, Le nombril sans fond, commence par une légère altération du graphique familiale lorsque – après 40 ans de mariage – la mère et le père Loony annoncent leur divorce."

Voici le pitch de ce pavé (720 pages) réduit à l’extrême. La problématique du récit est aussi simple : quelles seront les réactions de la famille face à ce chamboulement ? Partant de ce principe, le jeune auteur (seulement 25 ans !) de cette œuvre singulière nous convie à une semaine de vacances dans la maison familiale des Loony, sur une plage des États-Unis. Un endroit paradisiaque ? Oui… et non.

Car dans cette famille assez classique où les parents ne sont pas plus maladroits que les autres, je demande les enfants (de l’aîné au benjamin): Dennis, journaliste au chômage, émotionnellement fragile, marié à Aki et père d’Alex ; Claire, fraichement divorcée et mère de Jill, une ado assez classique dans le genre, et enfin Peter, le benjamin de la famille (la vingtaine tout de même), mal dans sa peau, puceau, cinéaste raté, représenté sous la forme d’une grenouille durant tout le récit. Voici planté le tableau et le récit démarre sur ces 700 pages pouvant en décourager plus d'un.

Peu à peu elles défilent et la qualité de l’album semble évidente. Malgré son jeune âge, Dash Shaw maitrise complètement les codes de la bande dessinée, jouant sur le rythme, travaillant sur de subtiles mises en abyme ou sur des flash-back d’un passé envahissant, variant les plans et les points de vue, taillant au cordeau les histoires de chaque personnage et leurs psychologies. L’auteur laisse aux choses, aux évènements et aux personnages le temps de se répondre. C’est fascinant de voir les héros se confronter sous nos yeux. Le rythme se prend, comme une semaine au bord de la mer, alternant moments de folies douces et contemplations. On ne s’ennuie jamais ce qui, sur de genre de pavé, est assez rare pour être souligné. Bien sûr, il y a quelque écueils liés à la jeunesse de l'auteur (dessins, abus de certains effets) mais dans l'ensemble le récit est parfaitement mené.

Encore une fois (c’est un peu comme Frederik Peeters, ça revient souvent), les éditions çà et là on fait un travail d’adaptation remarquable sur le contenu comme sur le contenant. Un papier magnifique, couvertures et dos splendides ! Un bien bel écrin pour le meilleur roman graphique de l’année selon le New York Times. En France, ce statut se confirme, car on retrouve cet album dans presque toutes les sélections de prix de ce début d’année : Angoulême, Association des critiques de BD, Prix Libération… Bon, je sais ces prix sont parfois (souvent) relatif, mais avec Bottomless Belly Button, Dash Shaw apparaît déjà comme un grand auteur. A suivre évidemment.

A voir : la page dédié à Bottomless Belly Button sur le site des éditions çà et là (avec un extrait à télécharger)

A découvrir : le site de Dash Shaw (in english)

A lire : la chronique (avec pleins de mots compliqués) sur Chronic’art

A lire : la chronique (plus modérée) de du9.org

A faire : voter pour Jibé et Sans Emploi pour la révélation Blog

Laissez-vous mordre…

Black Mamba, le magazine 100 % Pulp...

Tiens ? Du Pulp sur IDDBD ? Ben oui ! Le Pulp, c'est le royaume de la littérature fantastique, de la SF, de l'Aventure et du polar. C'est distrayant, plaisant, pas "prise de tête", bref, ce que l'on aime aussi retrouver dans les BD proposées par IDDBD (pas toutes, mais bon, on est pas non plus obligé de se presser le citron cérébral pour apprécier une bonne BD, non ?). Car petite précision : Black Mamba, le magazine Pulp, publie non seulement des nouvelles mais également de la BD ! Et lorsque vous aurez jeté un coup d'oeil aux artistes sélectionnés, vous comprendrez aisément pourquoi IDDBD vous recommande la lecture de cet excellent magazine...

Ah ! Dernier détail : si vous n'habitez pas à Montpellier, vous pouvez vous procurer les numéros de Black Mamba directement sur le site (à ce jour, le dernier numéro est le n° 12).

A visiter : le site de Black Manga

A lire : l'histoire des magazines Pulp

A admirer : les fonds d'écran de Black Mamba (j'adooooooore !)

Chronique | Amer Béton (Matsumoto)

(scénario et dessins de Taiyou Matsumoto, éditions Tonkam)

Contrastes Urbains

A Takara, mégalopole contemporaine où règnent misère et petites arnaques, Noiro et Blanko sont deux orphelins vivant de rapines et de racket. D’une remarquable agilité, les chats survolent les toits et sont impitoyables. Ils règnent en maitre sur "leur" ville. Si Blanko est extraverti, complément déconnecté de la réalité, à la limite de la folie, son grand frère Noiro est sombre, secret, toujours prêt à dépasser les limites de la violence. Mais cet équilibre précaire est remis en cause le jour où une série d’évènements vient remettre en cause leur suprématie. Voici le début d’une quête initiatique pour les deux frères... et d'une oeuvre riche et magnifique. Sorti en 1995 au japon, le manga de Taiyou Matusmoto est une chronique d’une urbanité oppressante, noyant ou plutôt conservant l’individu dans sa folie et dans sa démesure. Takara littéralement Trésorville, est bien plus qu’un décor. C’est un symbole. Si les deux orphelins portent même jusque dans leurs noms sa part d’obscurité et de lumière, les personnages secondaires (en particulier les deux figures formidablement réussies des Yakuza) font également parti de ce corps omnipotent. Seule figure féminine importante du récit, Takara est une ville-mère, moteur de l’histoire. En effet, ce sont bien ses propres évolutions qui obligent les personnages à se découvrir eux-même, parfois pour leur plus grand malheur. Dans Amer Béton, peu d’entre eux échappent aux vicissitudes de leurs destins même si l'espoir ne disparait jamais. Le dessin est très surprenant, loin des canons classiques du manga. Il indignera encore plus que d’habitude les ayatollahs du franco-belge. Pas grave on a l’habitude ! Si vous avez la chance de passer outre, alors vous découvrirez une histoire riche, parfois rude et sans complaisance, mais absolument passionnante qui, sous bien des aspects, me fait penser au cultissime Akira de Katsuhiro Otomo. Je regretterai seulement le travail un peu léger des éditions Tonkam. L'absence de traductions d’idéogrammes ou quelques pages d'explication aurait pu être un plus, surtout pour une édition intégrale… Enfin, je chipote... Avant de refermer cette chronique, je ne saurais trop vous conseiller de voir la superbe adaptation du manga. Un pur joyau d’animation (pour les grands hein, évitez de regarder ça avec vos enfants) ! A lire : la chronique du Monde à l’occasion de la sortie du film A lire (encore) : la chronique (énorme et archi complète : respect) sur du9.org A lire (toujours) : le dossier réalisé par le site Akata (Delcourt) sur Amer Béton A voir : des extraits vidéos du film A faire : voter pour Jibé et Sans Emploi pour la révélation Blog