Confidence pour confidence…

Magasin Général -Tome 4 : Confessions (scénario et dessin de Loisel et Tripp, éditions Casterman, 2008)

Vous proposer une chronique de ce quatrième tome de la sublime série Magasin Général ne m'est pas apparu véritablement nécessaire. Je me disais que les connaisseurs trouvement sûrement superflu d'essayer de les convaincre de la qualité du travail de Loisel et Tripp. Quant aux autres, ils devaient être suffisamment rares pour justifier une chronique à part entière. Je me suis donc contenté d'un Pitch du Jour, certes enthousiaste mais assez minimaliste.

Pourtant, après avoir relu ce quatrième opus (il y a des albums comme ça, qu'on ne peut s'empêcher de lire plusieurs fois sans s'en lasser...), je n'ai pas résisté à l'envie (au besoin ?) de vous en parler, comme lorsqu'on partage une confidence avec un ami. Le titre du nouvel album de Magasin Général  tombe d'ailleurs à point : confidence pour confidence, je dois vous confesser que chaque page supplémentaire, chaque case nouvelle, m'attache encore un peu plus à Notre-Dame-des-Lacs, cette petite communauté québécoise des années 1920 dont les personnages sont tous bouleversants de vérité. Car c'est bien de cela dont il s'agit dans Magasin Général : de l'histoire d'hommes et de femmes dont l'apparente simplicité cache en réalité une profondeur peu commune et rarement dépeinte en bande dessinée (ou en littérature). Loisel et Tripp sont au Québec du début du XXème siècle ce que Steinbeck était aux Etats-Unis des années 1930...

De Marie, la patronne du Magasin Général, à Serge, le français de France "survenu" un soir d'hiver, en passant par Gaëtan, Noël, Monsieur le Curé, Jacinthe, ou Marceau, cette chronique rurale cache en réalité un propos encore plus humaniste que la seule description d'une réalité sociale et culturelle. Mais voilà, c'est là que réside le problème. Présenter Magasin Général, c'est prendre le risque de se perdre dans des considérations "pseudo-intellectuelles" là où Loisel et Tripp pose leur talent avec une humilité qui confine au grand art. Alors, foin de vierbages inutiles ! Rejoignez sans hésiter le petit monde de Notre-Dame-des-Lacs, installez-vous sur les marches du Magasin Général, saluez les habitants, participez aux fêtes et aux enterrements, riez avec Gaëtan, buvez avec les hommes, cancanez avec les femmes, goutez à la cuisine de Serge et partagez ses tourments, et puis, pour finir, tentez de sécher les larmes de Marie. Tout cela est vrai, car tout cela est humain. Profondément humain.

A (re)lire : les chroniques d'IDDBD sur Magasin Général

A lire : pour un autre éclairage de Magasin Général et de la perception extérieure de la société québécoise, lisez donc l'article de Serge Gauthier, publié par Le devoir

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