900ème chronique d’IDDBD !

Amulet (scénario et dessin de Kazu Kibuishi, éditions Akileos, 2008)

Franchement, j'étais un peu dubitatif lorsque je me suis retrouvé avec le premier tome d'Amulet entre les mains. N'était-ce pas un album plutôt destiné aux enfants ? Non pas que je sois réfractaire au genre, loin de là, mais je préfère tout de même une bonne BD pour adulte, clairement. En feuilletant Amulet, je n'étais pas très rassuré sur ce point : deux jeunes enfants pour héros, un lapin rose mécanique, des monstres gluants, un monde parallèle que l'on rejoint en passant par une pièce cachée dans une maison réputée hantée... Bref, les ingrédients de base d'Amulet me paraissaient plus relever du goûter d'anniversaire que du dîner gastronomique.

Erreur fatale ! Mes premières réticences surmontées, Amulet m'a happé comme les arachnopodes l'ont fait de la mère d'Emily et Navin, les deux jeunes héros imaginés par Kazu Kibuishi. Il est vrai que le dessin n'y est pas pour rien ! On se croirait plongé dans un vrai film d'animation, ce à quoi pourrait donner lieu Amulet d'ailleurs (en fait, Will Smith a acheté les droits de la série pour en faire un film dans lequel joueront ces propres enfants -source : WARTMAG). Sans ressembler véritablement à un manga, le trait de cet album en retient tout de même quelques caractéristiques, en l'associant surtout avec ce que j'appellerais le "american west coast design" (c'est ce que j'ai trouvé de mieux pour désigner le dessin propre aux artistes américains qui ne font ni du manga, ni du comics, ni du trait européen, ni de la BD expressionniste, ni du dessin d'animation...). Bref, sans s'attarder sur ces définitions hasardeuses, le dessin de Kazu Kibuishi est tout simplement beau. Si vous ajoutez des cadrages cinématographiques particulièrement réussis, vous obtenez un très bel album graphique.

Rassurez-vous, le scénario ne démérite pas. Sans vous en rendre compte, passé le prologue, vous vous coulerez dans cette histoire fantastique avec autant d'aisance que les jeunes héros, Emily et Navin. Un père qui meurt trop tôt dans un accident de voiture, une mère qui souhaite prendre un nouveau départ en réintégrant la vieille maison de famille, un laboratoire poussiéreux où le grand-père fabriquait des casse-têtes et des automates tout en poursuivant d'étranges recherches, il n'en faut (presque) pas plus pour initier une aventure palpitante dans un monde parallèle où le frère et la soeur iront de surprises en surprises et sutout de dangers en dangers. Heureusement, Emily est partie à la recherche sa mère kidnappée en emportant une mystérieuse pierre rose : l'Amulet...

En définitive, je n'ai pas vu le temps passer en lisant cet excellent premier tome d'une série qui m'a fait retrouver, intactes, mes sensations à la lectures des romans de Fabrice Colin ou de celui, plus classique, de Lewis Caroll...

A visiter : le blog de Kazu Kibuishi avec sa section totalement consacrée à Amulet (avec des photos de l'atelier de l'artiste...)

A voir : quelques planches sur ces découvreurs de talents que sont les éditions Akileos

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