Espece en voie d’apparition

Mushishi - 8 tomes parus, série en cours (scénario et dessins de Yuki Urushibara, éditions Kana) Depuis quelques temps, je lis très peu de nouveaux mangas, surtout par manque d'information mais aussi d'intérêt pour les dernières sorties peu enthousiasmantes. Pourtant, il y a quelques mois, le hasard m'a encore joué un bien joli tour en me faisant tomber dans les mains (et ce n'est pas une métaphore) un petit bijou de poésie et d'imagination avec les aventures de Ginko, un expert dans la connaissance des mushi. Les mushi sont les êtres plus proche des origines de la vie (ce n'est pas moi qui le dit, c'est le héros dès le premier tome). Entre animal et végétal, invisibles à la plupart des êtres humains à l'exception des mushishi - les spécialistes des mushi (littéralement "maitre des insectes") -  ils vivent en plus ou moins bons termes avec les humains. Heureusement, les mushishi tel Ginko sont là pour enquêter et secourir les hommes bien souvent décontenancés par les conséquences surprenantes et parfois désastreuses provoquées par la présence de cette faune hétérogène dans leur environnement. Avec Mushishi, Yuki Urushibara signe à la fois une œuvre très originale et inscrite dans une certaine tradition. Originale par sa façon de raconter ses histoires, la mangaka ne privilégie pas l'action mais une certaine contemplation. A l'image de son héros impassible et doux, cigarette à la bouche, prenant le temps d'écouter les humains, de les guider et de leur faire comprendre les tenants et les aboutissants de leurs décisions vis-à-vis des mushi, elle ne force pas son récit et laisse le temps à son lecteur de profiter de l'atmosphère singulière. Même si les albums sont composés d'histoires courtes (pas plus de 50 pages en moyenne), on entre avec délice dans cet univers unique et pourtant marqué par des influences très nettes. Ainsi, en parcourant Mushishi, on retrouve la tradition des contes japonais fantastiques, parcourus des fameux yokaï, les esprits étudiés ou mis en scène par Hayao Miyazaki ou Shigeru Mizuki. D'ailleurs, Ginko n'est-il pas, à plus d'un titre, un avatar moderne de Kitaro le repoussant, lui-même passeur entre les vivants et les morts ? Alors Mushishi, pâle copie des Kitaro ou Chihiro ? Non, bien entendu. Car Yuki Urushibara offre avec son bestiaire surnaturelle un panel complet d'histoires sans cesse renouvelées (en tout cas pour l'instant). Toujours originales et d'une formidable poésie, elles vous surprendront à chaque détour de page. Au rythme de l'auteure ou du vôtre, les aventures de Ginko sont autant de fables (dramatiques parfois) aux thématiques ouvertes aussi nombreuses que les différentes espèces de mushi. Bref, vous l'aurez compris, un manga véritablement incontournable, œuvre à la fois différente et moderne. A lire : la critique de Krinein.com A découvrir : le site officiel de l'anime (en anglais)

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