Cercle vicié…

Le Cercle de Minsk (scénario de Frank Giroud, dessin de Jean-Marc Stalner, collection Graffica, éditions Glénat) Le 18 août dernier, IDDBD vous signalait la sortie du troisième opus de la série Le Cercle de Minsk, un passionnant récit de Franck Giroud (Azrayen, le Décalogue, etc...) mêlant Histoire, politique et philosophie. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, cinq jeunes soldats idéalistes, rescapés des Brigades Internationales au sein desquelles ils se sont battus en Espagne, tombent sur un trésor inestimable qui va peut-être (tout est dans ce "peut-être"...) leur permettre de changer la face du monde. Près de 60 ans après, que reste-t-il de leurs idéaux, de leur amitié... et du trésor ? C'est sur cette interrogation que Franck Giroud base l'intrigue qu'il bâtit lentement au fil des pages du Cercle de Minsk. Certains trouveront justement le rythme un peu trop lent. D'autres, comme IDDBD, aiment qu'on leur raconte des histoires qui laissent vivre leurs personnages, qui les laissent prendre de l'épaisseur pour nous les rendre plus crédibles encore. D'autant que le récit est régulièrement ponctué de coups de théâtre, de retournements de situations, de trahisons... De quoi vous tenir en haleine jusqu'à la dernière case ! Mais le Cercle de Minsk n'est pas seulement un bon thriller. Ce serait trop simple pour Franck Giroud de s'en tenir à cette seule dimension. Sans vouloir se lancer dans une exégèse qui serait aussi ridicule que vraisemblablement fausse (qui peut cerner les véritables motivations d'un auteur ?), la présence - tout au long de l'histoire - d'une étoffe liturgique juive brodée du Tétragram, semble nous indiquer que le Cercle de Minsk est aussi, à sa manière, un conte philosophique dans lequel Franck Giroud prend un malin plaisir à glisser quelques questions existentielles rendues plus digestes par l'action menée tambour battant... Certes, certes, mais le dessin dans tout cela ? Jean-Marc Stalner se lâche un peu plus dans ce troisième opus (par rapport aux deux premiers). Le trait est plus nerveux, moins hyper-réaliste, et colle donc bien au rythme plutôt mouvementé du récit et aux somptueux paysages amazoniens qui lui servent de décor. Et puis, reconnaissez qu'il est toujours agréable de lire une bonne histoire illustrée par un dessinateur qui ne se la joue pas "Maman, regarde comme je dessine bien !" à chaque case, un dessinateur qui se mette véritablement au service de l'histoire pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Allez, entrez dans le Cercle et voyez comme vous en ressortirez : bousculés certes, mais épatés... A lire : quelques planches du troisième tome sur le site de Glénat A (re)lire : la fiche album du tome 1, et celle du tome 2

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