N’oublie pas

Auschwitz (scénario et dessins de Pascal Croci, éditions Emmanuel Proust, 2002) Au travers de l'histoire d'un couple de juifs, pourchassé de nos jours (en 1993) par la police politique yougoslave, Pascal Croci raconte le quotidien de l'horreur d'Auschwitz. L'auteur a rencontré de nombreux survivants de la Shoah avant de nous livrer ce récit "coup de poing" très documenté et poignant. Car le destin emblématique de Cessia et Kazik est celui de ces six millions de juifs et de ces centaines de milliers d'autres (tziganes, opposants politiques, témoins de Jéhovah, handicapés physiques et mentaux, homosexuels) qui ont péris dans les camps de la mort nazis, dont Auschwitz. Je ne crois pas que beaucoup de mots soient nécessaires pour vous encourager à lire cet album dont le récit et les dessins sont tout simplement magnifiques, lumineux malgré le poids du sujet. Il peut paraître superflu à certains de se replonger dans cette histoire là. Malheureusement, l'Histoire ayant une fâcheuse tendance à se répéter, à bégayer diront certains, il n'est pas inutile de se remettre en mémoire ses épisodes les plus terrifiants. Comme souvent, ce qui est arrivé aux juifs hier est susceptible de survenir à chacun d'entre nous aujourd'hui, certes pour d'autres raisons que la seule appartenance ethnique ou religieuse. Quoique, ce qui nous semble hypothétique, éventuel, "virtuel" pour nous, population occidentale confortablement installée dans un mode de vie destructeur pour tout ce qui l'entoure, ne l'est peut-être pas tant que cela pour d'autres, "moins bien lotis" comme l'on dit pudiquement (j'adore cet euphémisme qui protège tellement bien notre conscience) : populations du Darfour, d'Afrique en général, d'Asie, d'Amérique latine dont tout le monde se fout royalement de savoir si elles souffrent ou pas, si elles meurent ou pas. Regardons les choses en face deux minutes : le silence face aux drames quotidiens de miliards d'humains est aussi assourdissant que celui qui prévalait il y a plus de 60 ans face au génocide planifié du peuple juif. Mais que voulez-vous bonnes gens, de nos jours, même les bégaiements de l'Histoire s'exportent. Sans doute un autre des bienfaits de la mondialisation... Mais ça, c'est un autre sujet. Vraiment ? A lire : l'excellente critique de l'album Auschwitz sur sceneario.com A (re)lire : la chronique d'IDDBD sur Maus d'Art Spiegelman

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