Velours amer

Apocalypstick (scénario d'Antoine Ozanam, dessin de Sergio Melia, collection Caravelle Urbaine, éditions Glénat, 2008) Bien sûr, on aime la BD d'aventures, de thrillers, de polars... mais on aime aussi la BD intimiste, qui nous raconte des histoires d'hommes et de femmes vivants, qui s'aiment, se déchirent, se séparent et parfois se retrouvent. Apocalypstick appartient à cette deuxième catégorie de BD dans laquelle on retrouve les oeuvres de Seth, de Craig Thompson ou d'Andi Watson (rien que ça !). Antoine Ozanam réussit à nous faire partager - en l'espace de quelques cases - la vie de ses personnages que l'on a l'impression de connaître comme des amis. Il réussit aussi, et c'est encore plus fort, à nous faire ressentir leurs états d'âmes, leurs sentiments profonds. Et c'est là la marque des bons scénaristes du genre. Bien entendu, d'aucun pourront trouver un peu simple et superficielle l'histoire de se couple déchiré puis, grâce à un habile subterfuge, reconstitué. Ce serait méconnaître les lois du genre (autrement dit, que ceux qui n'aiment pas les comédies sentimentales passent leur chemin...) et l'originalité du point de vue d'Antoine Ozanam, qui - bien que lillois - est habité par ce "je ne sais quoi" de la movida espagnole... A moins que ce ne soit la ville de Barcelone, qui sert de décor aux relations d'Alicia et Robin, qui me donne cette impression. Il faut dire que la ville est remarquablement rendu par Sergio Melia, dessinateur dont le talent est au moins égal à la subtilité des ambiances qu'il crée (découvrez vite l'album Une mansarde à Paris, même collection, même éditeur, publié en 2005). Le tout au moyen d'une très belle et très pure ligne claire... En définitive, Apocalypstick est une belle histoire d'amour, incroyable, romanesque et pourtant toujours crédible grâce au trait de son dessinateur et à l'humanisme de son scénariste... A lire : le pitch des éditions Glénat "Barcelone, un couple à la dérive… Qui n’a jamais rêvé de pouvoir tout recommencer ? Robin se remet mal de la rupture de son couple. Il est un romancier à succès, et c’est sans doute grâce à son don d’écrivain que va germer l’idée qui lui permettra de reconquérir le coeur d’Alicia. Du jour au lendemain, il vend tous ses biens et raconte à qui veut l’entendre qu’il part pour un grand tour du monde, sans retour. Finalement, cela n’étonne personne : il a toujours dit qu’il détestait la ville. Surtout cette ville, Barcelone. Trop belle pour ne pas être mangé par elle. Donc il part. Enfin, il fait croire qu’il part. Car en vérité il ne fait que déménager sous une autre i dentité. Et s’il s’absente vraiment de Barcelone, c’est pour rentrer dans une petite clinique suisse où il fait modifier son apparence physique. Son visage change, bien sûr. Mais son corps aussi (quelques kilos en moins, ainsi que des grains de beauté). Exit donc Robin, place maintenant à Malo. Celui-ci va à la rencontre d’Alicia. Mais une seconde chance existe-t-elle réellement…" A visiter : les sites d'Antoine Ozanam et de Sergio Melia (où l'on notera qu'Apocalypstick devait initialement s'intituler Velours amer, et Alicia se prénommer Olivia... et où l'on comprend pourquoi le livre que présente Malo à Alicia est L'invention de Morel d'Adalofo Bioy Casares...)  

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