Une adaptation éblouissante

La Tour Sombre - Tome 1 (scénario de Peter David, dessin de Jae Lee, d'après le roman de Stephen King, éditions Fusions Comics, 2008) Les adaptations de romans en bandes dessinées sont toujours un exercice délicat : vous risquez à la fois de déconcerter les néophytes (qui ne connaissent pas toutes les subtilités du roman initial) et de fâcher les fans (qui, eux, ne connaissent que trop bien ces subtilités) ! L'adaptation en BD de La Tour Sombre, l'une des sagas les plus atypiques de Stephen King, évite heureusement tous ces pièges. Je dis "heureusement" car La Tour Sombre n'est certainement pas l'oeuvre de King la plus facile à adapter en BD ! Son univers - mélange d'héroïc-fantasy, de western et d'anticipation - est assez complexe à appréhender, ses personnages sont très nombreux et la quête du héros - Roland de Gilead, dit Le Pistolero - est excessivement mystique... bref, tous les ingrédients pour pimenter la tâche du scénariste chargé de l'adaptation. Au cas particulier, Peter David s'en sort magistralement : son adaptation est compréhensible par les néophytes de l'oeuvre de Stephen King sans décevoir les fans du roman, son récit reste cohérent, palpitant et étrange comme l'oeuvre originale. Alors, qu'est-ce que La Tour Sombre ? La Tour Sombre, c'est l'histoire d'une quête, celle qu'entreprend Roland de Gilead, un jeune homme de 14 ans confronté au mal, en la personne de Marten, conseiller de son père Steven, et amant maléfique de sa mère Isabella. La rage de Roland face à une situation qu'il juge intolérable va le pousser à défier son mentor, le maître d'armes Cort, et devenir à l'issue de ce rite de passage à l'âge adulte un Pistolero, sorte de "chevalier-cow-boys" (au sens western du terme), autorisé à porter des armes à feu. Son destin est alors tracé : il devra trouver la Tour Sombre et détruire le Mal dont Marten n'était finalement que le simple hérault... La mise en images de l'univers de Stephen King, réalisée par Jae Lee, est particulièrement réussie. Le style réaliste mais très contrasté au niveau des couleurs nous transporte dans ce monde parallèle, inquiétant, où nous retrouvons quelques repères, certes, mais agencés de manière tellement différente de ce que nous connaissons... Au-delà de l'adaptation littérale de Peter David, l'âme du roman est ainsi totalement respectée et même magnifiée par le trait et la mise en scène de Jae Lee. En conclusion, prenez un roman époustoufflant de King, un scénariste de talent et respectueux de l'oeuvre et un dessinateur au trait maîtrisé et inspiré : vous obtenez La Tour Sombre, un must en matière d'adaptation BD... A lire : les 8 premières planches sur bdgest.com

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