Bouquet de nouvelles

Un bouquet de fleurs rouges (scénario et dessins de Rumiko Takahashi, Tonkam)
Voici un manga original, non pas pour son style graphique ou narratif mais pour ses héros. En effet, le quadra-quinquagénaire japonais est rarement le personnage principal des mangas contemporains. A part l’incontournable Taniguchi (mangaka à part dans l'édition actuelle) dans Le journal de mon père ou dans Quartier lointain, on a rarement l’occasion de voir traiter les états d’âmes de cette population. Avec Rumiko Takahashi et son recueil de 6 nouvelles, Taniguchi se sentira moins esseulé au milieu des samouraïs, ninjas, rockeurs, pâtissiers ou joueurs de go sortant à peine du lycée. Avec ces 6 tranches de vie, elle tente de dresser le portrait d’une génération déchiré entre la modernité et les valeurs traditionnelles, entre son travail et sa famille, entre ses obligations et ses aspirations. J’ai particulièrement apprécié la nouvelle éponyme de l’album. Un bouquet de fleurs rouges est le récit d’un homme mort assistant à son propre enterrement. Il observe donc les réactions de ses amis, sa famille et surtout celles de sa femme et de son fils. Assez révélatrice de l’état d’esprit du japon, enfin celles qui nous apparait à nous occidentaux par le prisme du manga, cette histoire est particulièrement touchante et humaine. Si il doit en rester une ce serait cette dernière même si toutes sont dignes d’intérêt. Avec Le chien de mon patron et La tragédie de P, Rumiko Takahashi signe ici le 3e opus de ses Rumic Theater, des recueils de nouvelles regroupées par thématiques. Adulée pour des séries comme Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) ou Ranma 1/2 adaptée dans des anime à succès (la génération Dorothée doit connaître), Rumiko Takahashi signe ici un album léger et tendre, parfois triste ou mélancolique. Elle prouve ainsi que l’on peut être sur le tableau du grand public mais aussi de l’intime. En tout cas, elle donne une belle analyse des mœurs et des pensées de sa génération. Bravo ! A découvrir : Un site de fan consacré à l’œuvre de Rumiko Takahashi

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