Entre deux mondes : Yumenosoko

Yumenosoko : au plus profond des rêves (scénario et dessins d’Hisae Iwaoka, collection Made In, éditions Kana)
Au gros réveil devant moi, il est 22h45, je devrais aller me coucher – hé oui, les journées sont longues, même pour un bibliothécaire ! – mais voilà, je viens de fermer Yumenosoko et l’envie de prendre une feuille (puis mon clavier) est bien trop forte.
Yumenosoko fait partie de ces albums qui irrémédiablement vous obligent à tourner ses pages. Hypnotisé par une atmosphère particulière et un récit très original, vous voici projeté entre deux univers. Mais plantons le décor avant d’aller plus loin. Une petite fille souhaite une bonne nuit à sa mère. Soudain, elle marche
dans le noir et se retrouve seule dans une rue, face à un konbini (une superette japonaise). Elle rentre et découvre un petit personnage discutant avec de minuscules êtres. Ce personnage est le patron et les êtres, des livreurs. Mais attention, pas de pizzas ou de produits de superettes, non, ce sont des livreurs de rêves. La petite fille est au centre d’un monde normalement impénétrable aux humains, tout près de l’endroit où se construisent les rêves, entre le Paradis et la Terre, un monde où les êtres qui sont encore attachés au réel recherche la paix.
Engagée comme employée du konbini, la petite fille découvre vite les règles de ce petit monde et devient l’actrice d’une incroyable et utopique pièce. Tel une scène de théâtre où le petit peuple des songes déverse ses espoirs et ses tragédies, le magasin est un monde entre deux mondes. Silencieuses, fantasmagoriques, ils règnent dans ses limbes, où les êtres sont en quête de repos, une langueur sereine magnifiquement rendue par un mangaka tout en retenu. Hisae Iwaoka ne brise jamais ce rythme en ne livrant les histoires de ses personnages qu’au compte-goutte. Poignantes et magnifiques, elles vous laisseront songeur.
A n’en pas douter, les plus jeunes pénètreront sans difficulté dans ce monde, les adultes, devenus adultes, y retrouveront peut-être leur âme d’enfant. Quant à moi… il est 23h15. PS : spéciale dédicace à Grande Mei
pour cette magnifique découverte.
 
 

 

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