Taniguchi (encore) au sommet…

La Montagne Magique (scénario et dessin de Jirô Taniguchi, éditions Casterman) Aaahhh ! Les auteurs japonnais ne sauraient donc dessiner que du manga (ouais bon, "de la manga" si vous y tenez... puristes !) et se désintéresseraient totalement de notre bonne vieille BD franco-belge, obnibulés qu'ils seraient pas la conquête mondiale de l'édition graphique ? Le plus grand d'entre eux, Jirô Taniguchi, démontre avec son dernier album publié en France qu'il n'en est rien... voire qu'il en est précisément le contraire ! Dans son introduction, le Maître mangaka explique comment il a découvert notre BD, il y presque 35 ans, et comment cette découverte l'a profondément marqué, à tel point qu'il rêvait lui aussi de dessiner un album de BD. C'est chose faite chez son éditeur français, Casterman, avec La Montagne Magique (sans rapport avec le roman de Tomas Mann) ! Le héros, Ken’ichi, est un jeune garçon de 11 ans, orphelin de père, qui passe ses vacances dans une petite ville du Japon, celle-là même qui a vu grandir Jirô Taniguchi. L'action, qui débute et se déroule essentiellement en 1967, va conduire le jeune Ken’ichi jusqu'à la montagne qui domine Tottori où une étrange salamandre lui proposera un étrange marché... Bien entendu, vous retrouverez dans cette histoire tous les ingrédients qui nous font tant aimer les récits de Jirô Taniguchi, petites merveilles de nostalgies (mais sans pathos excessif), de souvenirs d'enfance teintés de magie, ou de contes d'adultes émerveillés par les beautés simples (parfois banales) du monde, simples en apparence mais d'une telle profondeur d'âme... Sans oublier le rapport au père (présent mais distant, absent, disparu, ou évanoui dans la nature), omniprésent... Quant au dessin, il répond effectivement, comme le souhaitait Jirô Taniguchi, aux codes de la BD (plus en ce qui concerne la "mise en case" que le trait d'ailleurs...) et non plus du manga (pardon, "de la manga")... Mais il faut bien reconnaître qu'en définitive, cette distinction n'a que peu d'intérêt lorsque l'on a à faire à un tel raconteur d'histoires. Et en définitive, raconter des histoires, quelles qu'en soit la forme, n'est-ce pas là - tout simplement - l'objet même du 9ème art ? A lire : la fiche de l'album sur le site des éditions Casterman A lire : l'interview de Jirô Taniguchi par Muriel & Stéphane Barbery

3 réflexions au sujet de « Taniguchi (encore) au sommet… »

  1. <img class="gravatar" src="http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=c9471dcc6ce724a98bd6f01a1267323c&size=40"&gt; Article de Wikipedia sur le manga : "Les mots japonais n'ont pas de genre grammatical ; par conséquent il est possible de dire un ou une manga. L'auteur Frédéric Boilet a échauffé les esprits de beaucoup de fans habitués à accorder le mot au masculin, en parlant de manga au féminin (notamment dans le cadre de son mouvement franco-japonais La Nouvelle Manga). Ses arguments ne peuvent pas être totalement rejetés. Le fait est que Jules et Edmond de Goncourt, en parlant pour la première fois en France de manga, à la fin du XIXe siècle, l'ont fait en accordant le mot au féminin. Depuis cette époque, manga était souvent employé au féminin, et ce jusqu'à la popularisation récente de l'usage au masculin (dans les années 1990 par les premiers journaux spécialisés et la télévision). Un deuxième argument pourrait être que la locution équivalente en français, bande dessinée, est déjà de genre féminin.À l'heure actuelle, on peut toutefois noter que c'est le genre masculin qui prédomine très largement.Le second problème concerne l'accord au pluriel : conformément à la réforme de l'orthographe adoptée en 1991, « Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s'appliquent aux mots français. »[2]. Cependant, cette réforme n'étant toujours pas obligatoire, l'ancienne règle d'utilisation des pluriels dans leur forme originelle persiste. Ainsi, on peut rencontrer des manga aussi bien que des mangas, les deux orthographes étant correctes."

  2. <img class="gravatar" src="http://www.gravatar.com/avatar.php?gravatar_id=d534ca60082a6f20f37951fdca7f4290&size=40"&gt; Merci David pour ces précisions qui sont loin d'être anecdotiques. Par exemple, pour le festival de BD que j'envisage de créer dans les Pyrénées-Orientales, j'ai eu peur de faire la grosse boulette en l'intitulant "Festival de la Bande Dessinée et du Manga" (au lieu de "… et de la Manga"). Mais franchement, je n'arrive pas à m'habituer au féminin…

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