Des pates oui, …mais du Ahn Do-Hyun !

Nouilles Tchajang (d'après l'oeuvre originale de Ahn Do-Hyun, adaptée par Chi Kuy-Sok et ByunKi-Hyun, éditions Dargaud, collection Made in, 2003)

Les nouilles Tcha-jang sont une spécialité chinoise préparée avec une sauce à base de viande, d'oignons et autres légumes. Ahn Do-Hyun né en 1961 a raconté au milieu des années 80 dans un livre sa condition de serveur de nouilles à domicile lorsqu'il était adolescent. C'est ce roman qui a été adapté en 2003. On a déjà eu l'occasion de parler de Chi Kyu Sok lors de la chronique de "L'amour est une protéine" sur ce même blog, et celle-ci se terminait par une note très positive. Cette adaptation courant sur 202 pages est d'autant plus à rajouter au crédit de l'auteur que l'on se trouve non seulement en présence d'un résultat graphique de qualité (de belles aquarelles sur un dessin à la foi sobre et souple), mais aussi devant une adaptation réussie, d'ailleurs saluée par l'auteur original lui-même. On reparlera en revanche de Byunki-Hyun, auteur de Lotto blues chez Hanguk plus tard, lors d'une prochaine chronique, car différencier la part du travail de chacun içi parait hasardeux. Cette autobiographie met en scène Ahn do-Hyun à l'âge de 17 ans, cherchant son premier emploi. Rapidement embauché comme livreur dans une échoppe fabriquant des pâtes, il nous conte sa différence, ses relations familiales, celles avec ses copains et sa difficile approche du sexe faible... jusqu'à la découverte de l'amour... le vrai. D'un ton très réaliste et poétique, "Nouilles tchajang" rappellera aux amateurs de cinéma asiatique les films coréens si particuliers de réalisateurs comme Hong Sang Soo. (voir une critique de la Vierge mise à nu). Les lecteurs d'Akira eux ne pourront s'empêcher un sourire complice durant le passage de la course de motos sauvage en ville, tandis que les rapports (durs) entre le père de Ahn Do-Hyun et sa mère pourront évoquer d'autres films d'auteurs japonais tels Nobody Knows ou Taste of tea , dans leurs analyses des relations familiales (les auteurs asiatiques sont très portés sur ce domaine en général).

... Beaucoup de mangas abordent le relations amoureuses ou familiales d'un point de vue adolescent. On peut s'y retrouver si notre âge correspond ou bien trouver cela un peu plus naïf si l'on est plus âgé. La technique d'un adulte comme Ahn Do Hyun qui raconte lui son adolescence passée intéressera sûrement d'avantage les mêmes adultes... C'est tout l'intérét d'un manwha comme Nouilles Tchajang, qui se pose au final comme une référence en matière de manga/manwha. A visiter (pour continuer dans cette voie) : le label Made in de Dargaud

Info du jour : Le blog d’Hector

Quoi ? Vous ne savez pas ce qu'est le blog crossing ? Nooonnnn ? Bon ben, c'est relativement simple en fait : c'est un blog qui parle d'un autre blog... Pas très compliqué, non ? Et bien le blog crossing d'aujourd'hui, c'est pour vous envoyer directement sur le blog d'Hector (également chroniqueur - talentueux - sur IDDBD), pour vous faire découvrir sa chronique sur l'émission de France 2, Envoyé spécial, dont la dernière édition était notamment consacrée au manga... A lire absolument pour le plaisir et pour sa culture... Il vous faut aussi lire sa chronique sur Persépolis, le film de Marjane Satrapi d'après sa série éponyme... Et c'est où tout ça ? Des fois, je me dis que vous le faites exprès : ben c'est !

Info du jour : Les Enfants Rouges

L'info du jour Aujourd'hui, l'info du jour est un coup de pouce (les mauvaises langues parmi les plus virulents lecteurs d'IDDBD diront que c'est un coup de pub... ah ouais, et alors ?) pour une maison d'édition découverte grâce à David et sa chronique de Ce qu'il en reste (15 mai 2007). IDDBD chroniquera donc prochainement Love Stores, Double Trouble, La boucherie et Frères d'Âmes publiés par Les enfants rouges. A ce propos, sachez que La boucherie vient de paraître : rien ne vous empêche d'aller feuilleter l'album avant la chronique d'IDDBD ! Ou de jeter un oeil sur la fiche album du site des éditions Les enfants rouges. Enfin, retenez que le 9 juillet prochain paraîtra Frères d'Âmes : à découvrir très prochainement ici même (on a hâte de la lire...). En attendant, foncez sur la fiche album juste pour vous mettre l'eau à la bouche...

Quatre garçons dans le vent…

Le Local (scénario et dessin de Gipi, collection Bayou, éditions Gallimard, 2005) En janvier 2005, un jeune auteur italien presque inconnu en France obtient le prix du meilleur album pour Notes pour une histoire de guerre. Dans un album aux allures de documentaires, il dressait le portrait de trois jeunes pris dans la tourmente inhérente au climat de guerre. Fort, magnifiquement dessiné et scénarisé, cet album a reçu une récompense exceptionnelle. Pourtant, l’autre album de Gipi sorti à peu près à la même époque m’a plus marqué (ce qui n’enlève rien à la qualité du premier). Le Local raconte l’histoire des quatre jeunes rockeurs italiens, de leurs vies, de leurs espoirs et surtout de leur amitié. C’est dans un vieil entrepôt prêté par le père de l’un d’eux qu’ils se réunissent pour faire parler la puissance de leur musique. Echappatoire à une vie terne, une détresse ou un carcan familial trop étroit, cette musique est leur moyen pour affirmer leur personnalité ou leur folie (l’un d’eux collectionne les objets nazis), le rock prend toute sa force et sa signification dans un récit divisé en cinq chapitres équivalents à cinq chansons. Aidés par un dessin capable de passer d’un trait énergique lors des incomparables passages musicaux, aux tons les plus doux, voire même à de grandes cases pleines pages d’un paysage au ciel envoûtant (les ciels de Gipi sont simplement ce que j’ai vu de mieux en BD), ce récit dresse finement le portrait de quatre ados et par ce prisme, d'une génération. Quatre ados et un grand rêve. Si ces quatre personnages sont tous réellement différent, leur musique leur donne cette unité. Et à l’heure de tous les espoirs, ou de toutes les détresses, c’est encore le rock qui viendra les unir ou les diviser. Une belle histoire d’amitié, une belle chronique de la jeunesse, un bel hommage à la racine même du rock, bref un album pour découvrir l’un des futurs très grands de la BD européenne. A découvrir : le blog consacré à Gipi en France. Vous pourrez y découvrir des planches de tous ces albums.

Georges Frog

Georges Frog (scénario et dessin de Phicil, alias Philippe Gillot, couleurs de Drac, éditions Carabas) Pour être franc, cela faisait un moment que je n'étais pas tombé sur une BD aussi rafraichissante que Georges Frog, une BD toute simple en apparence, pas prétentieuse (pas "hé mec, t'as vu comme je suis vachement un auteur de BD vachement intelligent et vachement moderne..."), une BD reposante, comme un havre de paix après des contrées bédéphiles parfois trop remuantes... Pour autant ne vous méprenez pas sur le sens de ma chronique, Georges Frog n'est pas une petite BD qu'on lit comme ça en passant. Bien que peuplée d'animaux, sa profonde humanité, sa tendresse, sa vérité font du bien à l'âme. Le tout, sans s'ennuyer une seconde. Et en musique s'il vous plaît ! Car comment s'ennuyer dans un monde (le New York des années 30) que le jazz est en train de submerger, dans un quartier où se cotoient les "animaux sombres", virtuoses de cette nouvelle musique, et les autres, dans un immeuble où une jeune grenouille pleine d'espoir dans son avenir de jazzman, Georges Rainette, est en train de devenir peu à peu Georges Frog, au contact de ses potes et de Cora, sa féline muse, son amour aux "blue eye" ? Impossible chers lecteurs. Côté graphisme, le dessin de Phicil est délicieusement expressif, sans mièvrerie : c'est un vrai bonheur que de se plonger dans son univers que les couleurs de Drac mettent encore plus en valeur. La mauvaise nouvelle dans tout ça, c'est que le deuxième tome ("Rent Party" après "Premier couplet") est sorti le 12 juin dernier. Il nous faudra encore attendre plusieurs mois avant de retrouver un Georges Frog que l'on décidément bien du mal à quitter... A voir : quelques extraits du tome 2 ("Rent Party") sur bdgest.com A visiter : le blog de Phicil avec plein de dessins, d'infos, de news, etc, etc... A lire : les chroniques enthousiastes de sceneario.com

Info du jour : Le retour de Lincoln

Les lecteurs les plus réguliers d'IDDBD connaissent mon amour immodéré (oui, "amour" est bien le terme adéquat...) de la série Lincoln. Un coup d'oeil sur l'index d'IDDBD (dans la colonne de droite, sous le petit dessin de Jérôme Jouvray, le dessinateur de Lincoln...) suffira à convaincre les plus sceptiques d'entre vous. Je ne pouvais donc pas rater l'occasion de parler de la sortie de "Cul nu dans la plaine", le cinquième tome (on ne s'en lasse pas !) et de l'interview que les auteurs ont accordé à leur éditeur, Pierre Paquet. Ca vaut le détour... Où ? Ben justement, sur le blog des éditions Paquet...

Dragon Head : le tunnel de l’angoisse

Dragon head – 10 tomes, série terminée (scénario et dessin de Minetori Mochizuki, Pika) Alors qu’ils rentrent d’un voyage scolaire, une énorme secousse fait dérailler le train de Teru, Ako et Nobuo. Seul rescapé de l’accident, ces trois adolescents se rendent compte qu’ils sont enfermés dans un tunnel. Alors que la température grimpe étrangement, l’obscurité et la peur commence à gagner les esprits. Mais le pire n’est peut-être pas dans le tunnel. Alors, ami lecteur d’ IDDBD, voici un manga au scénario époustouflant ! En 10 tomes, vous allez être plongé dans une obscurité (dans toutes ses formes) et une angoisse permanente. Huis-clos terriblement bien menés dans les deux premiers tomes puis transformé en manga-catastrophe par la suite, ce seinen de Minetori Mochizuki exploite avec bonheur tout le filon de l’angoisse : la peur, la folie, la mort et toutes les thèmes classiques du genre sont distillés avec talent. Il n’est pas rare de s’accrocher à la couverture tout en tournant frénétiquement les pages. On y retrouve parfois l’atmosphère des meilleurs jeux vidéo d’angoisse type Resident Evil (les amateurs comprendront) bref, on se fait peur. Moi qui ne suis pas un grand fanatique des films catastrophes, je dois avouer que je suis encore bluffé. Je tremble d’envie de disserter sur les thèmes très nombreux de ce manga, mais en dire un peu gâcherait le plaisir de la découverte. D’ailleurs je ne mets pas de lien pour vous éviter de désagréable surprise. S’il vous plaît, ne vous arrêtez pas aux couvertures vraiment hideuses. Ce n’est pas la meilleure réalisation de Pika (ah l’édition de Chobits !). Elles ne rendent pas honneur au dessin, classique mais efficace. Des scènes hallucinantes, des chapitres à couper le souffle, le tout distillé dans un vent d’angoisse insatiable. Une claque mais à ne pas mettre entre toutes les mains !

La Petite étoile d’Andi Watson

Little Star (scénario et dessin d' Andi Watson, Editions ça et là, 2006) Mike est un grand amateur d’Andi Watson (cf les chroniques ici) mais malgré ses imprécations, je n’avais jamais pris le temps de lire attentivement les albums qui me tombaient sous la main en librairie. Puis j’ai découvert Little Star. En lisant le résumé, j’avais l’égocentrique impression qu’Andi Watson n’avait écrit ce livre que pour me faire découvrir son travail. Simon Adams est un papa moderne, très impliqué dans l’éducation de Cassie, sa petite fille de 3 ans. Il est prêt à tout pour sa famille, d’ailleurs, il a déjà sacrifié sa carrière de graphiste. Cependant, il doit jongler avec ses ambitions personnelles, les désirs et les besoins de ses proches. Voici, une œuvre pour tous les jeunes papas. Avec un énorme talent, Andi Watson pose sur le papier toutes les interrogations inhérentes au "travail" de père. Du réveil à 5h30 aux relations père-fille, de la crèche au boulot à mi-temps, des interrogations sur le développement de l’univers aux grenouilles, Simon Adams est un astre qui gravite autour de sa petite étoile. Mais comment faire pour Simon quand, après avoir donner le nom de sa fille à une étoile sur un site web, il ne la retrouve plus ? Petit bijou d’allégorie. Conduit avec une incroyable finesse, cet album vous mènera dans les méandres des angoisses paternelles. Oubli et découverte de soi, changement des relations aux autres, si la vie de Simon aurait pu être plus simple sans, c’est avec sa petite fille qu’il s’épanouit. Une formidable leçon de vie. Pour conclure, un petit passage : "C’est une très longue litanie d’émotions contradictoires que j’éprouve souvent en même temps. Je suis le prince charmant et la marâtre, le bon roi et l’affreuse demi-sœur, le carrosse et la bonne fée. Je suis glandeur et chauffeur, maître et élève, infirmier et gendarme. Donneur de bisous et de consolations, lanceur d’ultimatums, et guide moral. Brigadier des bonnes mœurs et de l’hygiène. Je suis pharmacien et distributeur de billets. Danseur et chatouilleur. Monstre. Torcheur de fesses et donneur de bain. Râleur et conteur d’histoires. Tyrannique et laxiste, bricoleur et femme de ménage. Mari et fils. Papa." Bon allez j’avoue, j’adore ! Et bises à tous les papas ! Ah et puis merci aux éditions ça et là qui, décidément offre le meilleur du graphic novel ! Ah et puis pardon Mike, la prochaine fois, je n’attendrais pas pour lire tes coups de cœur ! A lire : la critique de Krinein A lire : l’interview d’Andi Watson sur BDthèque

400ème chronique d’IDDBD !

Le gros lot (scénario et dessin de Nikola Witko, éditions Carabas, 2007) Bon, il faut que je vous explique un truc. Quand on lit une BD, il y a deux solutions. Soit on aime, soit on aime pas. Sur IDDBD, on a prit le parti de ne chroniquer que celles qui nous plaisent. Une fois ce cap passé, on a le choix entre deux autres solutions. Soit on rédige une chronique nous-même, soit on s'inspire des pitchs que les éditeurs écrivent (en payant grassement leurs rédacteurs... je ne vois pas d'autre explication au fait que les pitchs soient si bien rédigés...). D'habitude, sur IDDBD, on préfère la première de ces solutions. Mais là franchement, après avoir lu Le gros lot de Nikola Witko et le pitch des éditions Carabas, je n'hésite absolument pas. Je choisit la seconde. Et notez que je n'essaie même pas de pomper le pitch pour vous le resservir à ma sauce. Pensez-en ce que vous voulez (les commentaires sont là pour ça...), mais franchement après avoir lu ce qui suit, ça m'étonnerait que vous ne vous précipitiez pas sur Le gros lot pour l'empocher... heu, le lire... "Willy a touché le pactole, le gros lot, quoi. Willy-la-chance qu'on l'appelle, et c'est pas peu dire. Dans la poche gauche de son futale, son sou porte-bonheur, un peu comme onc' Picsou. Willy gratte un ticket, il gagne un téléphone, une télé, une bagnole... D'la balle ! Il gratte un tacotac, et tac il encaisse, paie une tournée et repart en caisse, une poulette à chaque bras. Bon forcément, c'est pas toujours du goût de Violette, sa jeune épouse. Alors Violette, elle se casse. C'est la déprime pour Willy, mais la veine est toujours là. Alors,à force de gagner son poids en pizza, en bonbec et cassoulet, Willy il finit par enfler. Et même beaucoup. Et moi, je ramasse les restes, j'ai jamais aussi bien bouffé de ma vie. Moi c'est Bob, la souris, mais attention j'suis un mec pas une gonzesse. Bon, Willy, après un accident, a laissé deux nanas sur le bord de la route. Enfin une accrochée à un lampadaire. Sans doute un verre de trop, au frais du patron, évidemment. Alors Willy s'embarque sur une croisière gagnée au fond d'une boîte de choucroute. Je manque de m'faire violer par les rats de la cale, le bâteau coule et comme Willy ne perd jamais, même à la roulette russe, il finit par bouffer tous les autres sur le radeau. Et les aventures de Willy-la-chance ne font que commencer... Cette bande dessinée ne fera pas de vous un homme riche. Mais si vous avez le sens de l'humour, elle vous fera sans doute rire. Sinon, laissez tomber car : - des animaux sont maltraités, - les femmes sont bafouées, - les hommes se comportent comme des porcs, - le héros est gros, la souris lâche, - le code de la route n'est pas respecté, En tout cas en l'achetant, vous aurez touché le gros lot." Bon alors, honnêtement, ça vous donne pas envie de lire Le gros lot de Nikola Witko tout ça ? Si tel n'est pas le cas, moi, je retourne vendre des frites sur la plage d'Argelès... Et tant pis pour la 400ème chronique d'IDDBD... A voir : un extrait sur le site des éditions Carabas

Oh mon bateau oh oh oh !

L'info du jour

Vous voulez voir du beau monde et un beau navire ? Alors c'est à Bordeaux qu'il vous être aujourd'hui, et de préférence vers 16h00 à la librairie MollatJean-Yves Delitte dédicacera le premier tome, Le temps des naufrageurs, de sa série sur le Belem, ce superbe trois-mâts de la fin du XIXème siècle. Et pourquoi donc ?

Tout simplement parce que Jean Paciulli (le directeur général des éditions Glénat) et Catherine Laulhère (la directrice éditoriale du Chasse-Marée) sont à Bordeaux à bord du Belem aujourd'hui, pour officialiser avec Paul Le Bihan (le président de la Fondation Belem) la décision conjointe de lancer la production du tome II de la série Belem.

A lire : la chronique d'IDDBD sur le premier tome de la série Belem

A visiter : le site de la Fondation Belem