Un Manwha adulte, qu’est-ce que c’est ?

L'amour est une protéine (scénarios et dessins de Choi Kyu-Sok, collection Hanguk, éditions Casterman) Quoi ? Un nouveau rédacteur dans IDDBD ? Mais ça devient l'autoroute de l'information içi !!  Comme quoi la passion ça a du bon et que comme disait l'autre veux sage :  "mieux vaut un blog bien rempli et efficace que dix peu visités !". C'est donc avec raison que je vais tenter de laisser les chroniques BD passionnées mais irrégulières de mon propre blog : le Blog d'Hectorvadair pour rejoindre l'équipe de joyeux lurons d'IDDBD. En espérant que mon rythme va retrouver au sein de cette team sa promptitude originelle. Hector. ... Découvert par hasard à la médiathèque de  Roanne (42) , ce manhwa (manga coréen) m'a d'abord attiré par sa couverture quelque peu bizarre. Normal me direz-vous ? Pas tant que ça. Il s'agit en effet d'un one shot, ou plus précisément d'un recueil d'histoires, et donc non pas d'une série telle qu'on a l'habitude d'en lire généralement dans la culture BD asiatique et japonaise plus précisement. Choi Kyu-sok est né en 1977 et c'est sa seconde publication française après un titre chez Kana en 2003 (collection Made in). L'éditeur décrit lui-même l'auteur comme ayant un trait novateur et une vision acerbe de la société. C'est le moins qu'on puisse dire. Les 6 histoires qui agrémentent ce recueil sont en effet toutes originales et assez dérangeantes. Il se dégage de leurs scénarios une atmosphère à la fois oppressante et provocante, qui nous lie très rapidement à l'auteur. La première (L'amour est une protéine) donne le ton. Celle-ci, mettant en scène trois copains qui commandent du poulet rôti et qui voient arriver le père du poussin rôti en sanglot nous plonge dans un délire comico-psychanalitique. Le style réaliste de Choi Kyu-sok, réhaussé parfois à l'ordinateur, avec des couleurs pastels de trés bon goût contre-balance le sentiment de malaise qui peut s'installer dans un premier temps. L'hommage au trait en noir et blanc dans Dinosaure Dooly au personnage créé par Kim Su-Jeong, bien que hors références puisque ce personnage n'a pas été traduit en France montre toute la force, la poésie et donc le talent dont est capable le jeune auteur sur ce récit de science-fiction. Cocaman, ou Ma décision, autres épisodes durs dans le ton nous donnent à lire des incursions du point de vue d'un jeune homme (l'auteur lui-même ?) dans la société coréenne moderne. On imagine sans mal une approche biographique dans la triste histoire de Cocaman, mais le contexte politique sous-jacent du deuxième récit ouvre des perspectives intéressantes quant à l'engagement de l'auteur de manwha. La dernière histoire : Aiguille de pin, se déroulant dans une Corée antique fleure bon les répères japonais d'autres récits de mangas du même style, et je n'ai personnellement pas pu  m'empêcher de penser, tant au niveau du trait que de certaines ambiances au Tajikarao de Jimpachi  Mori. Celui-ci fini de dérouler le tapis des thématiques et des différents styles abordés par Choi Kyu-Sok, sans oublier le Léviathan, conte acide et farce politique réalisé sous forme de tableaux peints. Ce qui, en fin de compte, sur 173 pages offre un bilan plus que positif pour une découverte. Un auteur dont on aura j'espère l'occasion de lire en tous cas d'avantage de récits dans le futur. A lire : la fiche album sur le site Casterman A lire (aussi) : la chronique de sceneario.com A découvrir : Bededazi autre blog sympa traitant de BD asiatiques.

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