Special Festival de Serignan II

La farce de Maître Pathelin (scénario et dessin de David Prudhomme, couleurs d'Alexandre Clérisse, éditions de l'An 2) Comme je vous le disais dimanche, IDDBD s'est déplacé jusqu'à Serignan pour visiter le 12ème Festival BD de cette charmante bourgade héraultaise. Le déplacement en valait la peine puisque je devais y rencontrer Alexandre Clérisse, Dominique Bertail et David Prudhomme dont je n'avais pas encore réellement (et en tout cas suffisamment) découvert le travail. Et bien, comme dit l'adage, "mieux vaut tard que jamais" tant passer à côté de La farce de Maître Pathelin aurait été une erreur autant qu'une faute de goût ! Pour une fois, commençons par le dessin : le trait de David Prudhomme est expressif, vivant, joyeusement gouailleur, faussement approximatif et merveilleusement bien servi par la mise en couleur d'Alexandre Clérisse. Il trouve tout naturellment sa place au milieu des plus grands noms de ce courant (mieux médiatisés et donc plus connus du grand plublic) tels que Sfar, Blutch ou Blain (je ne sais pas s'il appréciera la comparaison mais c'est un compliment sincère)... La mise en page est sobre (généralement quatre cases par page) et colle parfaitement à l'ambiance de l'histoire qui nous conte, à la manière d'un fabliau médiéval, la rocambolesque intrigue de Maître Pierre Pathelin (à noter que l'histoire originale est réellement un fabliau comique du Moyen-Âge...). Alors, qui est-il ce fameux Maître Pathelin ? Un avocat désargenté doublé d'un fiéfé menteur, roublard (ah ! la scène d'anthologie où il meurt en divers patois !), beau parleur, enjoliveur, escroc, hypocrite, qui - lorsque nous le rencontrons - monte "un coup" pour détrousser le riche maître drappier de la ville en l'embobinnant dans d'invraisemblables sornettes... Rien que ça ? Non, car, comme toute fable médiévale qui se respecte, notre Maître Pathelin ne s'en sortira pas aussi facilement qu'il n'y paraît jusque vers la fin... Avec La farce de Maître Pathelin, David Prudhomme réussit l'exploit doublement artistique de nous happer dans son univers graphique et littéraire dont on sent bien la profondeur malgré l'apparente simplicité... A lire : l'excellente chronique de La Factory A découvrir : le dossier spécial consacré à David Prudhomme par CoconinoWorld et sa Station Delta

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