Dixie Road

(scénario de Jean Dufaux, dessin de Hugues Labiano, couleurs de Marie-Paule Alluard, éditions Dargaud) Bien sûr qu'il y a un peu des Raisins de la Colère dans Dixie Road : comment pourrait-il en aller autrement dès lors que l'on situe une action dans cette Amérique des années 30, totalement ravagée par la misère sociale et morale qui poussent les métayers, les ouvriers agricoles, les petites gens sur la route, toujours plus loin... Bien sûr qu'il y a aussi du Bonnie Parker & Clyde Barrows dans Dixie Road : face à l'insoutenable injustice des grands propriétaires terriens, le couple Jones et leur fille Dixie représentent pour les exclus du bord de la route un espoir de liberté à défaut d'être un modèle de moralité. Ils attaquent les banques (enfin, surtout Jones) mais redistribuent leur butin tout en gardant en tête l'American Way of Life vanté sur les affiches publicitaires... Mais réduire Dixie Road à un erzats de Steinbeck ou à une ressucée de Robin des Bois moderne serait passer à côté de cette BD construite comme un véritable road movie (cadrages compris), à la fois peinture sociale des USA d'avant guerre, récit initatique pour la jeune Dixie, trimballée par des parents à la recherche d'une certaine liberté, véritable (et crédible) histoire d'amour, thriller habilement rebondissant... Le scénario de Dufaux est digne de celui d'un film américain (et c'est un compliment...) et le dessin réaliste de Labiano rend parfaitement à la fois les ambiances du Sud et l'action. Allez chers lecteurs, la route est là qui vous attend... A lire : l'interview de Jean Dufaux et Hugues Labiano sur bdparadisio.com

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