L’info du jour : Rendez-vous de la BD à Amiens !

A IDDBD, on est vraiment indécrottables ! On a chacun ses petits chouchous ! Des auteurs, des albums, des séries... et des festivals ! Il faut dire que je galère tellement à mettre en place celui de Villeneuve-de-la-Raho (mais c'est uniquement de ma faute de grosse feignasse), que lorsque j'en vois qui non seulement tient la route mais en plus propose un programme de qualité, je ne me prive pas de vous en parler. Bref, les 2 et 3 juin 2007, auront lieu les 12es Rendez-Vous de la bande dessinée d'Amiens avec la thématique "On a marché sur la bulle". Pour commencer, l'affiche est de Jiro Taniguchi (tiens ! un autre de nos chouchous !), qu'une exposition consacrera (en plus d'une expo sur le manga). Pour le reste, tout est sur le site de l'association : la liste des 48 auteurs invités et des 9 expositions est impressionnante ! Et comme par hasard, on retrouve encore certains de nos chouchous : Alexandre Clérisse, Juan Guarnido, Régis Hautière, Taborda... Enfin, spéciale dédicace pour David : oui, il y aura bien une expo dédiée à Kokor ("Les voyages de Kokor") !

Rahan, le fils des âges farouches

(scénario de Roger Lécureux, dessin d'André Chéret) Raaahhhhhaaaaa ! Il y a des monuments de la BD auxquels on s'attaque difficilement. Surtout lorsqu'il vous manque un coutelas en ivoire, un collier de dents, un pagne en peau de "longues-dents", une musculature avantageuse, une ingéniosité à toute épreuve et une chevelure de feux (à faire pâlir d'envie Cloclo et ses clônes). Ca tombe bien, tous ces attributs, un homme, un vrai (dessiné mais pas tatoué) les possède. Son nom ? Rahan, le fils des âges farouches. Aaaahhhh, quel lecteur de plus de 35 ans n'a pas dans le coin de sa mémoire une histoire (ou à tout le moins une scène) de l'homme préhistorique le plus célèbre de la BD ? Publié dans Pif gadget, il faisait mon délice, ma cerise sur le gâteau (et pas seulement parce que c'était la seule BD où je pouvais admirer la plastique féminine, même préhistorique, de ses compagnes de rencontre... raaahhhaaaa). Non, c'était aussi l'une des premières BD adulte qui me tombait sous les dents régulièrement (et sans que personne n'y trouve à redire : c'était dans Pif gadget !), avec des aventures dignes de ce nom, des aventures de "grand" dans un univers exotique, peuplé de dangers desquels le fils des âges farouches s'échappait toujours au moyen de son intelligence et aussi (il faut bien l'avouer) de ses muscles. Bref, Rahan, c'était à l'époque l'archétype de l'homme que tout lecteur mâle de BD voulait devenir (bon, c'est vrai, après il y a eu Blueberry...). Après ces considérations tout à fait personnelles, que dire de Rahan ? Qu'il n'est plus temps de faire la fine bouche et que 22 albums "historiques" vous attendent, auxquels s'ajoutent les bientôt 7 "modernes" (le prochain sort en juin...). Que (re)lire des Rahan, c'est comme se mater un de ses films des années 50 qui ont fait les beaux-jours de la dernière séance, du temps où l'on racontait des histoires pour se faire plaisir sans trop se tortiller la tête (en apparence car les leçons de morale positive, de tolérance, de respect de ce qui fait que nous sommes d'abord des êtres humains, émaillent les récits mouvementés de Cheveux-de-feu...). Bref, qu'il vous faut découvrir Rahan si vous ne le connaissez pas (en commençant bien par les premiers albums) et le relire si vous l'avez aimé. Simplement. A visiter : le site consacré à Rahan (pour tout savoir sur le fils des âges farouches) A scruter : la liste des albums sur bedetheque.com (pour ne pas vous y perdre) A visiter : le mini-site des éditions Soleil consacré aux rééditions de Rahan A voir : le site de Pif gadget (pour les nostaliques)

Diégo de la S.P.A.

(scénario de Coyote, dessin et couleurs de Cartier, éditions Fluide Glacial) Non, franchement, j'aime bien Coyote, le dessinateur de Litteul Kévin, le moutard des motards... Je l'aime bien mais pas comme je peux aimer d'autres auteurs ou d'autres dessinateurs. Attention, ne vous méprenez pas ! J'en ai lu des Litteul Kévin, et je me suis bien marré. Non, c'est pas ça, mais après avoir découvert une petite partie du vaste continent du 9ème art, je pensais que je ne pourrais plus jamais m'égarer sur les chemins de la BD humoristique autre qu'underground (style James et la Tête X) ou "sfaresque, larcenesque, trondheimesque et consorts" (je sais, ça se dit pas, mais vous voyez ce que je veux dire...). Et puis, je sais pas ce qui m'a pris de prendre Diégo de la S.P.A. C'est surement la tête de Diégo, le bull-terrier sur la couverture qui m'a fait cet effet. Un peu comme lorsque vous vous baladez dans un refuge pour animaux et que l'un d'eux, pour une raison inexpliquée, attire votre attention. Remarquez, la comparaison tombe bien puisque Diégo est un hôte quasi permanent d'un refuge S.P.A. tenu par Bernard, un vieux gardieux un peu sourd. Sourd, peut-être. Mais ça ne l'empêche pas d'entendre les remarques de Diégo. Car l'animal parle (un peu comme le chat du rabbin, tiens... un cran philosophique en dessous tout de même). Et c'est vrai que lorsqu'il parle, on se poile ! Et ça, ça tombe pile puisque Diégo de la S.P.A. est une BD d'humour ! Mais pas seulement. Car au fil des pages et des histoires (je vous la fait courte : Diégo est successivement adopté par divers personnages qui finissent (presque) tous par le ramener au refuge), je me suis surpris à m'attacher plus que de raison à ce chien cabochard et mordant (en paroles le plus souvent). Du coup, j'ai trouvé la fin du premier tome très belle car très touchante. Et j'ai réalisé tout aussi brusquement que je m'étais fait avoir par cette histoire de chien.. heu de Coyote... Allez, lire Diégo de la S.P.A. c'est l'adopter... Pour info, le tome 3 est sorti le mois dernier... A lire : la chronique du toujours aussi bon sceneario.com (et pour le tome 2, c'est par là...) A découvrir : les premières pages du tome 3 sur le site de Fluide Glacial L'info du jour Alors là, on vous livre en vrac (parce que ça vient de tomber comme ça sur nos téléscripteurs...) : - Disponible dans les librairies depuis le 22 février, Baudelaire de Daniel Casanave et Noël Tuot aux éditions Les Rêveurs (où Manu Larcenet officie...). Précipitez-vous, c'est du lourd, du très lourd... - En mai, vous retrouverez avec un plaisir non (dis)simulé Presque et On fera avec de l'ami Larcenet (encore aux éditions Les Rêveurs)... - Larcenet que vous verrez également en juin aux côté de Jean-Yves Ferri dans Le sens de la vis... devinez où ? Là...

Bienvenue à Jobourg / L’info du jour

(scénario et dessins de Pascal Rabaté, Seuil, 2003) Aujourd’hui, IDDBD vous emmène en Afrique du Sud, à Johannesburg précisément, grâce à M. Rabaté. Patrick est un jeune français partit travailler chez un vieil ami de son père installé en Afrique du Sud. Il découvre Johannesburg, la ville à la criminalité galopante, aux peurs et aux délires sécuritaires constants. Mais au-delà des apparences, il y fait des rencontres (Doudou, Maria, Petra et bien d’autres…) et trouve une ville multiculturelle, vivante et, à l’image de la société Sud-Africaine, en construction permanente. Voyage initiatique à la découverte d’un autre univers et de soi-même, la première BD en couleur de Rabaté est une réussite (comme souvent avec Rabaté). Vivante, positive, elle prône l’ouverture et la tolérance. Bref, une très belle leçon de vie et de bande dessinée. Pour finir, j’oserai la rapprocher de Clichés : Beyrouth 1990 (déjà chroniquée ici). A lire : la chronique du BDparadisio L’info du jour - Miss pas touche Dans les magazines, le courrier des lecteurs est bien souvent d’un intêret très limité. Sauf dans le dernier Bodoï, où Sébastien Cosset, alias une partie des Kerascoët, annonce qu’Hubert, le scénariste de Miss pas Touche, travaille sur une suite au premier dyptique ! Mes vœux sont excaucés ! Bon, en revanche, pour d’obscures raisons ils ne travailleront plus sur Donjon Crépuscule, dommage ! L'info du jour - Kokor Souvenez-vous de Kokor, un autre de nos chouchous, il est l'invité d'honneur des 5e rencontres BD de Longvic près de Dijon du 30 mars au 1er avril. Allez découvrir les programmes des rencontres ! A voir : la page des rencontres A relire : les chroniques IDDBD de Balade, balade et des Voyages du docteur Gulliver

L’info du jour : Un tour chez les humanos

Aujourd'hui, un petit coup de projecteur sur les éditions des Humanoïdes Associés. Pourquoi ? Comme ça, parce que je fouillais leur site à la recherche d'infos et que j'ai repéré plusieurs BD ou séries (récemment publiées ou à paraître) qui m'ont tapé dans l'oeil... Aussi, pour vous éviter la fastidieuse tâche de creuser vous-mêmes, IDDBD (qui ne recule devant aucun sacrifice) s'est retroussé les manches. Et voilà les pépites que nous avons remontées à la surface du blog... Cathago - Tome 1 : Le lagon de Fortuna (scénario de Christophe Bec, dessin d'Eric Henninot) "Au début du XXIe siècle, la raréfaction des ressources gazières et pétrolières créa une crise mondiale et entraîna une course effrénée pour la découverte de nouveaux gisements. Ces ultimes tentatives poussèrent les hommes à explorer les derniers territoires inconnus de la planète : les grands fonds marins. Lors d’un forage d’une caverne sous-marine, des scaphandriers sont attaqués par un fossile vivant, un mégalodon. Ancêtre préhistorique du grand requin blanc, il est le plus grand prédateur des mers et des océans qu’ait jamais connu notre planète. C’est un monstre de 25 mètres, une vraie machine à tuer. L’océanographe, Kim Melville, découvre que des spécimens ont survécu dans un dédale de grottes sous-marines alors que les mégalodons sont censés avoir disparu depuis 5 millions d’années ! Une découverte scientifique qui pourrait remettre en question l’équilibre écologique de la planète et la survie même de l’humanité."

Dusk - Intégrale (scénario et dessin de Richard Marazano et Christian De Metter) "Trois agents fédéraux parcourent les Etats-Unis, chargés d’élucider les affaires inexpliquées. Des mystères dont le parfum étrange masque les pires méandres de l’âme humaine. Une série qui se distingue par son traitement pictural."

J'ai lu les deux premiers tomes et il faut recvonnaître que le dessin (peinture ?) est assez étonnant mais en tout cas excellent.

Les yeux de Pandora (scénario de Vicenzo Cerami, dessin de Milo Manara) "Pandora est fille unique. Elle a depuis peu terminé le lycée et entre dans le monde des adultes en pleine forme : après des années de psychanalyse, elle se passe définitivement de son psychothérapeute, qui, pour elle, est presque devenu un second père..."

Les Dérivantes - Tome 1 : De l’autre côté du lagon (scénario et dessin de Laurent André) "Au début, il n’y avait qu’un continent. Une civilisation qui prospérait, du littoral jusqu’aux pentes des grands volcans assoupis. Lorsqu’ils se sont réveillés, ce fut le grand cataclysme. Le feu, la terre, l’eau et le vent brisèrent le monde en un millier d’îles, mille mondes qui partirent à la dérive sur l’océan. Accrochés à ces vaisseaux de pierre volcanique, quelques miraculés survécurent..."

Bonnes lectures à vous tous !

L’info du jour : Luuna

L'info du jour Il y a quelques séries que nous suivont plus particulièrement à IDDBD. Parmi celles-ci : Luuna. Oh ! Je vois déjà d'ici les esprits chagrins pétris de BD underground, ou supposées intellectuelles, se renfroger ! Et bien que ces esprits chagrins (dont feu notre professeur Sintès faisait partie...) saches qu'à IDDBD, on aime tous les genres de BD et, dans ces genres, les meilleures d'entre elles... Pour en revenir à Luuna de Crisse (à la plume) et Kéramidas (au pinceau), le tome 5 (Le cercle des miroirs) sort mardi prochain, le 28 mars 2007... Et c'est toujours chez Soleil... A lire : l'une des premières chroniques d'IDDBD consacrée à Luuna A lire : la fiche album de Luuna sur le site des éditions Soleil où pourrez découvrir 6 planches de l'album

Umbra

(scénario de Stephen Murphy, dessin de Mike Hawthorne, collection Regard Noir & Blanc, éditions Akileos) Au travers de sa collection Regard Noir & Blanc, les éditions Akileos nous ont déjà offert quelques perles de la BD adulte tout droit venue des Etats-Unis, principalement de la côte ouest (Courtney Crumrin, Gloom Cookie, Billy Wild...). Avec Umbra, initialement publié aux USA par Image Comics, un éditeur de Berkeley (Californie), c'est encore un choc visuel et scénaristique qui nous attend. Commençons d'abord par le dessin de Mike Hawthorne : évidemment en noir et blanc (collection oblige...), classieux, efficace, au découpage nerveux, voire trépidant, et en même temps parfois très doux, très onirique. En un mot, superbe. Quant au scénario de Stephen Murphy, c'est un savant dosage de polar, de thriller et de fantastique qui nous fait glisser de l'un à l'autre sans à-coup, sans rupture. En un mot, passionnant. IDDBD avait repéré cette BD il y a quelques semaines (voir notre chronique du ) et (oserais-je dire "encore une fois") nous avions eu le nez creux. Après la lecture d'Umbra, notre première impression est largement confirmée. Franchement, si vous avez envie de lire une BD différente, de vivre une aventure littéraire autant qu'artistique, intellectuelle sans être ennuyeuse, Umbra est pour vous. Pour les indécis, j'ai gardé pour la fin le pitch des éditions Akileos, celui-là même qui avait attiré notre attention : "Askja Thorasdottir est médecin légiste de la police islandaise. Avec ce type de travail, elle doit s'attendre à se frotter à des scènes de crime, des cadavres et quelques cas étranges... Mais ce que Askja découvre sur sa dernière affectation la laisse pour le moins perplexe : un squelette qui pourrait être celui d'une femme du Néanderthal, tuée par une balle provenant d'un revolver utilisé par les soldats de l'ex-U.R.S.S. Jonglant avec cette affaire et le désordre de sa vie privée, Askja se retrouve plongée dans un mystère de plus en plus obscur qui la mènera bien au-delà de sa terre d'Islande." Alors, convaincus ?

La Sirène de pompiers

(scénario de Hubert, dessins de Zanzim. Dargaud. Poisson Pilote. 2006.) Lors des chroniques de Miss pas touche, nous vous avons beaucoup parlé de Kerascoët et de son (enfin leur plutôt) magnifique dessin. Mais nous n’avons pas beaucoup parlé de Hubert, le scénariste. Rattrapons-nous aux branches multiples d’IDDBD et rendons justice à ce pondeur d’histoire à l’atmosphère si particulière. Si vous avez apprécié Blanche, la fameuse Miss pas Touche, vous allez adorer cette nouvelle héroïne mi-femme, mi-poisson au caractère bien trempée (ça nous change des séries « Blondes »). Bretagne fin du 19e siècle, une jeune sirène s’ennuie sur son rocher. Noyer les marins ne l’interressent pas (d’autant plus qu’elle chante faux), elle ne rêve que de Paris. Alors elle décide de rejoindre la ville Lumière. Mais voilà, une fois à la capitale, elle se retrouve confronté à la puanteur des eaux de la Seine et la voilà bien déçue. En passant sous un pont, elle reçoit dans les bras, un peintre du nom de Gustave Gélinet. Gustave est dépressif, suicidaire depuis qu’il s’est fait taillé en pièce par Fulmel, l’éminent critique parisien. C’est ainsi que le corps de la Sirène va devenir la source d’inspiration du peintre. Devenue muse des arts, elle découvre Paris, la culture et une nouvelle forme de peinture naissante avec le XXe siècle : l’impressionnisme. Dans une atmosphère proche de Miss pas touche, Hubert (et Zanzim le dessinateur) nous offre un hommage sensible, doux et attendrit aux peintres pompiers (l’école classique de cette fin de 19e siècle). Un album qui allie humour, surprise, charme et fantaisie. Beaucoup de fraîcheur et de talent pour ces deux auteurs. Bref, brillant ! A lire : la critique sur Krinein.com A lire : la bio de Hubert sur BDgest’ A lire : la bio de Zanzim sur BD Paradisio

Wyoming Doll

(scénario et dessin de Franz, collection Long Courrier, éditions Dargaud) Ah ça, on peut dire qu'on vous en a présenté et conseillé du western sur IDDBD ! Du western humoristique (Lincoln, Rancho Bravo, Le temps de chien), du western épique (500 fusils, Adios Palomita), du western féminin (Angela), du western gothique (Billy Wild), du western fantastique (La révolte d'Hop Frog, W.E.S.T.), du western d'avant le western (Luuna, Helldorado), bref, que du bon western. Avec Wyoming Doll, on touche au grand, au très grand western ! Bien entendu, l'histoire reste classique : c'est la recherche de deux petites filles enlevées par des Indiens alors qu'elles traversaient les plaines de l'Ouest avec leurs parents. Mais c'est la seule concession au genre. Pour le reste, Franz peint sous nos yeux une fresque magnifique et grandiose, subtile et pleine d'émotions. A commencer par ce lien étrange qui lie Salmon Leap et Sharon, la petite irlandaise kidnappée. Puis cette amitié gravé dans le roc et le temps entre l'indien et Llogan, un jeune cow-boy. Les liens se tissent progressivement, comme les fils d'un attrape-rêve et nous entraînent dans le tourbillon d'une incroyable aventure humaine. Franz nous transporte, nous émeut, nous happe dans son far-west plus vrai que nature. On en ressort bouleversés. Le western a trouvé avec Wyoming Doll ses lettres de noblesse. Du grand art... Franz est décédé le 7 janvier 2003...