Everyday

(scénario et dessin de Kiriko Nananan, collection Sakka, éditions Casterman, 2005)

Ah, ah, ah ! Vous croyiez que le Bib de Poissy ne s'intéressait qu'à la BD franco-belge, voire franco-française ? Que nenni ! Le voilà qui, tout de go, nous emmène en Asie...

Les préjugés tenaces sur le manga peuvent se résumer en quelques mots : culottes, armes, gros yeux, débiles… Mouais, personnellement, plus j’en lis, plus je trouve ça intéressant. Ces affirmations sont assez peu révélatrices de l’édition actuelle et versent même dans l’absurde quand on lit Everyday de Kiriko Nananan. Comme son prénom l’indique, c’est une femme. Une mangaka c’est rare, alors il faut en prendre soin et ici, comme on aime la BD (et le manga) de qualité on fait immédiatement une chronique !

Kiriko Nananan s’est fait connaître en France lors du festival d’Angoulême 2004. Son album Blue évoquait l’amour naissant de deux lycéennes. Il faut avouer que son album était assez intimiste. La multiplication de plan et de personnages ainsi que son style graphique très épuré rendait la lecture difficile. Mais passé cet obstacle, Blue se révèle être un album formidable, emprunt de douceur et évitant les écueils du voyeurisme.

Everyday, c’est la même chose moins cette difficulté d’appropriation du récit. Miho (l’héroïne) et Seiichi (son ami) vivent ensemble depuis un an et demi. Seiichi est un musicien doué mais sans travail, Miho elle, prend deux boulots pour faire face aux besoins du couple. Mais œuvrer comme hôtesse d’accueil dans un bar où circule pas mal d’argent peut parfois amener à faire des choix compliqués. Lorsque un ancien petit ami resurgit à l’improviste les choses ne s’arrangent pas !

Dans ce one-shot, Kiriko Nananan fait la chronique du quotidien de la jeunesse japonaise non pas au travers de simples clichés faciles mais par la seule vision de son héroïne. Ses pensées, ses discussions et ses rencontres sont les seuls points de vue offerts par l’auteure. Ainsi, au cours de ce récit, nous suivons Miho dans ses questionnements et dans sa quête (inconsciente) de réponses. Le quotidien est-il le bonheur ? Peut-on se sacrifier pour une personne ? Simple, pudique, touchant. La conclusion de l’album est à l’image du dessin de Kiriko Nananan : lisse, épuré, mystérieux. Il n’en fallait pas plus pour faire de ce manga une très bonne surprise.

Bonne lecture de droite à gauche !

A lire : la (belle) chronique de Benoît Richard sur benzinemag.net

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