Chronique de vacances # 25 | Klezmer

(scénario et dessin de Joann Sfar, collection Bayou, éditions Gallimard)

Bande de veinards, IDDBD vous propose aujourd'hui une chronique spéciale, la chronique du Bib' de Poissy (pour ceux qui ne le connaissent pas encore, fouillez un peu les commentaires disséminés sur IDDBD et vous verrez leur qualité...). C'est une sorte de pré-rentrée avant la rentrée officielle d'IDDBD (le 4 septembre...). En attendant, merci David !

"Il y a quelques mois, IDDBD m’a proposé d’écrire une chronique sur Klezmer de Joann Sfar. Comme certaines choses ne se refusent pas et que c’est quand même mon travail de conseiller des lectures, je ne pouvais quand même pas me soustraire à cette proposition.

Alors voilà, Klezmer, c’est simple c’est l’histoire d’une rencontre entre Noé Davidovitch, un vieux musicien, Hava, une jeune femme fuyant un mariage forcée, Yaacov, un juif ayant perdu la foi et Vincenzo, un violoniste émérite, au plus profond dans la campagne Ukrainienne.

Oui et après ?

Ouvrez le livre et écoutez. Sfar a écrit dans la postface du premier tome : L’idée de faire une bande dessinée musicale m’intéresse énormément parce que la bande dessinée, c’est le monde du silence.

C’est fini, le silence a disparu car Sfar fait (encore et toujours) preuve d’un talent remarquable pour exprimer toute l’atmosphère de la musique traditionnelle des juifs Askénazes (Europe Centrale et de l’Est). Est-ce lié à son coup de crayon énergique, extravagant et surtout totalement imprévisible ? Est-ce lié à l’utilisation de l’aquarelle pour la mise en couleur, technique qui donne à cette histoire une ambiance toute particulière ? Est-ce lié à ses personnages à la fois caricaturaux, terriblement instables mais tellement attachant ? Est-ce lié à ses digressions fantastiques qu’il insère dans son récit ? En fait, c’est un peu de tout ça, une alchimie assez impénétrable pour les pauvres (mais chanceux) lecteurs que nous sommes. Mais entre nous, je crois que ce petit quelque chose fait la différence entre une bonne et une magnifique BD.

Si le premier tome de la série La conquête de l’Est pose les bases de l’histoire et se déroule comme une bonne lecture, le second, Bon anniversaire Scylla, est beaucoup plus intimiste. Il se vit comme une fête où tous vos amis seraient invités, un fil conducteur puis des intermèdes, des regards, des discussions intimes, des rencontres, parfois des prises de bec, des beuveries et surtout, surtout une conclusion magnifique et terriblement poétique qui rend la musique et les femmes encore plus belles.

Voilà, si je me suis enflammé je m’en excuse mais c’est l’esprit du Klezmer qui veut ça !

Pour finir, je soulignerai le magnifique travail d’édition fait par Gallimard. Le contenant est aussi beau que le contenu ce qui n’est pas toujours le cas. De plus retrouver une quinzaine de pages de notes et de croquis dignes d’intérêts à la fin d’un album est assez rare pour être souligné.

Conclusion : Pour moi, l’une des toutes meilleures BD de Sfar, c’est dire ! Bonne écoute !"  

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