Vincent mon frère mort-vivant

(scénario de Jean-Marc Mathis, dessin de Thierry Martin, collection Latitude, éditions Soleil) Lorsque votre mère est taxidermiste et que votre père est fossoyeur, il peut sembler naturel que vous puissiez voir et parler avec votre grand frère décédé. C'est ce qui arrive à Antoine, un petit garçon qui traîne tous les jours dans le cimetière de son village pour jouer avec Vincent, son frère mort-vivant. Surtout que Vincent est plutôt du genre marrant : un peu simplet, sa grande spécialité est de gober les mouches ou de faire des farces à son petit frère. La dernière en date est d'entraîner Antoine dans le royaume des morts. Car Vincent a une faculté unique : celle de pouvoir ouvrir des portes entre le monde des vivants et celui des morts ! S'ensuit une aventure trépidante au cours de laquelle Antoine rencontrera un cow-boys maudit, le diable lui-même (aussi bon que dans Lincoln, pour les connaisseurs...), son vieil oncle... et une tripotée d'Ombres, des créatures à tête de crâne de crocodiles ! Si vous aimez l'univers de Tim Burton (je ne sais pas si le prénom Vincent du grand frère d'Antoine a ou non un rapport avec le personnage du premier court-métrage professionnel de Tim Burton...), celui de Ted Naifeh (l'auteur de Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit), ou celui de Joann Sfar (notamment les aventures de Petit Vampire), vous ne pourrez que tomber sous le charme de Vincent, mon frère mort-vivant. L'intrigue est finement menée (de façon moins morbide que chez Burton, Naifeh ou Sfar), les sentiments sont exprimés avec subtilité et intelligence (l'amour que se portent les deux frères est très émouvant) et le dessin de Thierry Martin est très très beau. Mention spéciale également pour les couleurs, réalisées par les deux auteurs et qui collent parfaitement à l'histoire. Vincent, mon frère mort-vivant est une excellente BD que vous ne régretterez pas de posséder dans votre collection ou d'emprunter à votre bibliothèque préférée. Et merci aux éditions Soleil pour cette superbe collection Latitude qui permet aux auteurs de s'exprimer sur des formats plus longs (78 pages au cas particulier) et avec une belle qualité d'impression (papier, couleurs...). A lire : l'interview de Thierry Martin sur le site sceneario.com

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