Le vol du corbeau

(scénario et dessin de Jean-Pierre Gibrat, collection Aire Libre, éditions Dupuis) Samedi dernier, IDDBD vous conseillait la lecture du magnifique diptyque Le sursis de Jean-Pierre Gibrat, une chronique rurale pendant l'Occupation, et vous encourageait à lire l'autre diptyque du même Gibrat, Le vol du corbeau, qui constitue une sorte de continuité du premier sans en être véritablement la suite. Dans l'intervalle, IDDBD a relu Le vol du corbeau. Verdict ? Continuer la lecture de Le vol du corbeau

Les mauvaises gens

(scénario et dessin d'Etienne Davodeau, éditions Delcourt) Lorsqu'on lit de la BD, il y a des petits instants de bonheur comme ça où l'on se sent un peu plus intelligent, un peu mieux informé, un peu plus conscient des choses après que l'on ait tourné la dernière page. C'est ce qui arrive à la lecture de l'album Les mauvaises gens  - Une histoire de militants d'Etienne Davodeau. Cette BD est un véritable acte militant, une sorte d'électrochoc édifiant à une époque où, paradoxalement, le syndicalisme ne signifie plus grand chose pour la majorité des gens (et des jeunes en particulier) alors même que les droits des travailleurs (au sens large du terme) ne cessent d'être remis en cause et "précarisés"... Continuer la lecture de Les mauvaises gens

Le blog de Lewis Trondheim

Le 30 janvier 2006, IDDBD débutait ses chroniques en saluant Lewis Trondheim qui venait d'obtenir le Grand Prix du Festival BD d'Angoulême. Après vous avoir présenté la série titanesque, pieuvresque, lianesque Donjon (qu'il co-scénarise et co-dessine avec Joann Sfar, allez sur index2iddbd pour en savoir plus...), silence radio concernant Lewis Trondheim... Pourquoi ? Pour la même raison qu'il m'a fallu près de trois mois et demi pour chroniquer Le chat du Rabbin de Joann Sfar : IDDBD est tout intimidé (merci pour les autres !). Bref, pour aborder cet Himalaya de la BD par la face la moins rude, IDDBD vous propose aujourd'hui d'aller faire un tour sur le blog de Lewis Trondheim. Vous aurez ainsi la possibilité de vous initier en douceur à son humour intelligent et caustique (pour info, le lien est en bas à droite de cet écran...). Le blog de Lewis Trondheim est la chronique de son quotidien, fait d'angoisses (aaahhh Paris !), de mauvaise foi (alors, un string et un jean taille basse, c'est vulgaire ou pas finalement ?), de fêtes dégoulinantes et gerbifiantes (très interressante la théorie de la mesure de l'éloignement de l'épicentre d'une fête en fonction du volume des gerbes sur le troittoir...). Bref, du bon, du grand Lewis Trondheim comme on l'aime dans ses albums (IDDBD se lancera prochainement dans les chroniques de Lapinot...), mais là, c'est tous les jours ! Petite précision : les strips s'effacent peu à peu.Vous avez donc intérêt à y aller régulièrement... Comment, vous êtes encore là ? Allez ouste, du balai, on clique, on clique... A visiter (d'urgence) : le blog de Lewis Trondheim L'info du jour C'est aujourd'hui le premier jour de la Fête de la BD en France. Parmi les animations répertoriées, sachez que : - Juliette DERENNE et MANBOOU dédicacent respectivement le Tome 1 de La Reine Margot ("Le Duc de Guise") et le Tome 2 de Fred & Sophie ("Amour et p'tit boulot") à la Librairie La Bande Dessinée (57 Grande rue de la Croix Rousse - 69004 LYON - Tél : 04 78 39 45 04)   - pour la sortie de Tatanka T2, Gaël Sejourne dédicace son album à la Librairie Sac à papier de Saint Nazaire (Librairie Sac à Papier - 38, rue du Maine - 44600 Saint Nazaire) - Christophe Babonneau dédicace à la Librairie ALRE BOOKS de 9h à 12h30, et de 14h30 à 18h, le tome 6 de sa série édité chez Soleil Celtic : Les Contes du Korrigan (Librairie ALRE BOOKS - 17 rue Clémenceau - 56400 AURAY - Tél/fax : 02 97 24 89 55) Par ailleurs, il y a pas mal d'expos à voir. En voici quelques-unes (reportez-vous au site de la Fête de la BD pour connaître l'intégralité des animations) : - "Jules - Des aventures scientifiques en BD" du 04/04 au 04/06 à PARIS 19EME (75). Cette exposition de planches originales et de tirages couleurs présente « Les épatantes aventures de Jules » imaginées par Emile Bravo. Laissez-vous guider par tous ces personnages et entrez dans l’univers d’un auteur inventif et rocambolesque. Vous comprendrez pourquoi l’on vieillit, ce que sont les télomères, à quoi servent les drosophiles ou quels sont les effets de la relativité . Lieu : Pôle enfance de la Médiathèque - Cité des Sciences et de l'Industrie - 75019 Paris - Concours "Faites de la BD" du 05/04 au 03/06 à NANCY (54). En savoir plus. - BDZH, 35 ans de bande dessinée en Bretagne du 25/04 au 13/08 à RENNES (35). Une exposition conçue par l'association BDZH. Elle retrace les différentes étapes et les nombreux acteurs de l'histoire de la BD en Bretagne. La première intention de l'association a été de témoigner des liens exceptionnels et durables entre cet art et cette région. D'abord, en organisant une grande Exposition, présentant pas moins de 370 auteurs, et dont vous pouvez avoir un aperçu sur le site des Champs Libres. Mais aussi des animations, ludiques, émouvantes, intelligentes, se déroulant tout au long de l'événement et renouvelant sans cesse l'intérêt. BDZH est parti pour près de 4 mois d'émerveillement, d'amusement, d'intérêt, d'échanges.... Lieu : Les Champs Libres - 10, cours des Alliés - 35000 RENNES. Site: www.leschampslibres.fr - Animation Découverte de la BD du 01/05 au 31/05 à AVRILLE (49). Lieu : Médiathèque - Centre Georges Brassens - 49240 AVRILLE - Tél : 02 41 31 11 30 - Exposition de François BOURGEON "L'Envers du décor" du 02/05 au 29/07 à BREST (29). En partenariat avec l'association Mauvais Genres. Près de trois cents auteurs de bande dessinée vivent en Bretagne et constituent ipso facto un vivier intellectuel et artistique dont la production relève indéniablement du patrimoine. Raison pour laquelle la Bibliothèque municipale classée de Brest s'est associée à l'association Mauvais Genres - Rade de Brest pour rendre hommage à l'une des figures maîtresses de la BD - François Bourgeon en l'occurrence , à l'occasion d'une exposition à la fois rétrospective et introspective intitulée «François Bourgeon. L'envers du décor». L'exposition organisée à la Bibliothèque d'Etude de Brest fait retour sur les trois séries de Bourgeon - Les Passagers du vent, Les Compagnons du crépuscule et Le cycle de Cyann - afin d'en expliciter la genèse depuis la maquette jusqu'à la planche imprimée en passant par l'esquisse, le plan ou le moulage. Un ensemble de quelque cent cinquante pièces originales permettra au public d'apprécier la complexité de la démarche créatrice de Bourgeon. Chaque album a en effet requis de longues heures de recherches documentaires, iconographiques, terminologiques, et le travail de dessinateur-scénariste s'apparente en l'espèce au métier d'historien. Non que Bourgeon veuille établir la vérité historique, mais son souci de la vraisemblance le pousse à développer ses histoires dans des décors - entendons : des villes, des édifices, des personnages, des costumes, des objets, etc... qui auraient pu ou qui pourraient exister. Quel était l'accastillage d'un négrier du XVIIIème siècle ? Comment se portait le chaperon au XIVème siècle ? Comment se chauffaient les moines copistes dans un scriptorium ? Quel pourrait être l'habitat sur une planète différente de la nôtre ? De telles interrogations traversent en permanence la pensée de Bourgeon et motivent ses investigations en l'entraînant dans les musées, les bibliothèques et les centres d'archives. Vernissage de l'Exposition le 5 mai 2006 de 17h à 20h. Lieu : Bibliothèque d'Etude - 22, rue Traverse - 29200 BREST - Tél. : 02 98 00 87 60 - Exposition Loisel - Gunnm - Ghost in the shell du 15/05 au 03/06 à REZE (44). Tous les jours de 9h à 21 h, samedi : 9h - 20h30. Lieu : Forum Espace Culturel E. Leclerc - Atout Sud - 1 rue Ordonneau - 44400 Rezé. Retrouvez toute l'info sur le site de la Fête de la BD...

Point d’interrogation…

Aujourd'hui, c'est la 119ème chronique d'IDDBD depuis le 30 janvier 2006 (he oui, une par jour depuis bientôt presque quatre mois...). Et il m'a paru utile de faire une petite pause pour m'interroger sur la suite à donner à IDDBD. Avec votre aide bien entendu... Jusqu'à présent, l'ambition (modeste) d'IDDBD était de vous donner envie de lire ou de relire de bons albums de BD (on s'est tous retrouvé à ne plus savoir quoi lire, acheter ou emprunter à la bibliothèque, non ?). Est-ce suffisant pour en faire un blog. Après quatre mois de chroniques quotidiennes, personnellement, je ne crois pas... Il me semble donc qu'IDDBD devrait prendre un virage tout en douceur dans les jours, les semaines et les mois à venir pour vous proposer plus d'infos BD (si possible en avant-première) et plus de découvertes BD (si possible pas trop vues ailleurs), notamment dans le domaine de la BD underground, des auteurs pas encore trop connus et des petites maisons d'éditions (qui publient très souvent de vrais bijoux...). Je pense à ça car parmi les dernières BD que j'ai eu plus de plaisir que les autres à chroniquer figurent en bonne place des oeuvres telles que Le roi des bourdons de David de Thuin (avec lequel il faut que je reprenne contact... excuse-moi David mais je me suis laissé un peu débordé ces temps-ci...). Quant au ton d'IDDBD (mais peut-on parler d'un "ton IDDBD" ?), il pourrait être dorénavant plus critique (décidément, le professeur Sintès me manque...). Mais est-ce vraiment utile de tirer sur des ambulances ? Ne vaut-il pas mieux prendre du temps et de l'espace pour parler de ce que l'on aime ? C'est jusqu'à présent la philosophie d'IDDBD. Faut-il en changer ? Enfin, la parution quotidienne de chroniques est-elle indispensable ? Ne faudrait-il pas publier au coup par coup, en fonction de l'actualité BD par exemple ? Voilà chers lecteurs les interrogations du jour d'IDDBD. J'attend vos messages ou commentaires... Il est toujours bon d'entendre des avis différents. Même si on ne les suit pas forcément, cela permet parfois de se déterminer soi-même... Et avant de nous quitter, histoire que vous n'ayez pas l'impression d'être venus pour rien, trois petites infos : - l'index des chroniques d'IDDBD est mis à jour (il était temps !). Tout ça parce que je ne sais pas installer de moteur de recherche sur ce [x§!//^£$] de blog ! - si vous voulez lire en ligne les deux tomes d'une bonne BD historique (époque "Bonaparte") et fantastique (style "fantômes"), c'est là que ça se passe... IDDBD y reviendra prochainement. - outre la suite des aventures de Superjmyconnaisamort (devenu Critixman), Manu Larcenet propose un concours de cadavres exquis intitulé "Sur la route de Memphis". A vous de jouer!

Le sursis

(scénario et dessin de Jean-Pierre Gibrat, collection Aire Libre, éditions Dupuis) Attention, pur chef d'oeuvre en vue ! Pour ceux qui connaissent cette BD en deux tomes sortie en 1997, il n'y a pas de surprise mais le souvenir d'une histoire particulièrement bien menée par un Gibrat plus qu'inspiré... Pour les autres, il y a urgence à lire ce diptyque magistral sous peine de grave manquement culturel et artistique ! Car Le sursis est l'illustration (!) même de ce que peut donner de meilleur un auteur complet. Le scénario est d'une intelligence rare et non diluée (deux tomes denses mais faciles à lire, palpitants mais sans effets de manches inutiles...). Quant au dessin, il est tout simplement somptueux. Vous connaissez peut-être la propension d'IDDBD à vouloir absolument classer les albums en fonction de leur style : académique ou expressionniste (voir la chronique d'Isaac le Pirate). Au cas particulier, cette distinction n'a pas lieu d'être : le trait et la mise en couleur sont académiques (quel talent mes aïeux !) mais expriment toute la palette des sentiments humains avec un réalisme et une émotion tangibles. Du grand art ! L'histoire du Sursis, c'est celle de Julien, un jeune homme qui échappe au STO pendant la Seconde Guerre Mondiale après avoir sauté du train qui l'emmenait vers l'Allemagne. De retour dans son village natal de l'Aveyron, il se planque, avec l'aide de sa tante età l'insue de la population, au deuxième étage de l'école communale. De là, il assiste à son propre enterrement (le train qu'il a quitté ayant été bombardé, tout le monde le croit mort...) et à la vie quotidienne des habitants du village. Il observe aussi son amie Cécile, d'abord de loin puis de plus près... Le sursis dresse un tableau particulièrement réaliste de la période d'Occupation, avec ses miliciens, ses collabos actifs et passifs, ses résistants de la première heure, et tous les autres, la masse des indécis, des indifférents... Le talent de dessinateur de Gibrat renforce la crédibilité des personnages, des situations et des ambiances : on se trouve plongé, le temps de deux albums, entre 1943 et 1944, jusqu'au dénouement final, imprévisible, étonnant... Vous l'aurez compris (mais bon, je me répète), Le sursis est une oeuvre incontournable qu'il est essentiel d'avoir lu... Et lorsque vous aurez lu Le Sursis, comme je sais que vous en voudrez encore, foncez donc dévorer le Vol du Corbeau (également en deux tomes) du même auteur, qu'IDDBD chroniquera prochainement... A visiter : le mini-site consacré au diptyque Le sursis A voir (pour le plaisir) : les planches originales de Jean-Pierre Gibrat sur le site de la galerie Daniel Maghen  

Vincent mon frère mort-vivant

(scénario de Jean-Marc Mathis, dessin de Thierry Martin, collection Latitude, éditions Soleil) Lorsque votre mère est taxidermiste et que votre père est fossoyeur, il peut sembler naturel que vous puissiez voir et parler avec votre grand frère décédé. C'est ce qui arrive à Antoine, un petit garçon qui traîne tous les jours dans le cimetière de son village pour jouer avec Vincent, son frère mort-vivant. Surtout que Vincent est plutôt du genre marrant : un peu simplet, sa grande spécialité est de gober les mouches ou de faire des farces à son petit frère. La dernière en date est d'entraîner Antoine dans le royaume des morts. Car Vincent a une faculté unique : celle de pouvoir ouvrir des portes entre le monde des vivants et celui des morts ! S'ensuit une aventure trépidante au cours de laquelle Antoine rencontrera un cow-boys maudit, le diable lui-même (aussi bon que dans Lincoln, pour les connaisseurs...), son vieil oncle... et une tripotée d'Ombres, des créatures à tête de crâne de crocodiles ! Si vous aimez l'univers de Tim Burton (je ne sais pas si le prénom Vincent du grand frère d'Antoine a ou non un rapport avec le personnage du premier court-métrage professionnel de Tim Burton...), celui de Ted Naifeh (l'auteur de Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit), ou celui de Joann Sfar (notamment les aventures de Petit Vampire), vous ne pourrez que tomber sous le charme de Vincent, mon frère mort-vivant. L'intrigue est finement menée (de façon moins morbide que chez Burton, Naifeh ou Sfar), les sentiments sont exprimés avec subtilité et intelligence (l'amour que se portent les deux frères est très émouvant) et le dessin de Thierry Martin est très très beau. Mention spéciale également pour les couleurs, réalisées par les deux auteurs et qui collent parfaitement à l'histoire. Vincent, mon frère mort-vivant est une excellente BD que vous ne régretterez pas de posséder dans votre collection ou d'emprunter à votre bibliothèque préférée. Et merci aux éditions Soleil pour cette superbe collection Latitude qui permet aux auteurs de s'exprimer sur des formats plus longs (78 pages au cas particulier) et avec une belle qualité d'impression (papier, couleurs...). A lire : l'interview de Thierry Martin sur le site sceneario.com

Fête de la BD du 29 mai au 5 juin 2006 : Faites de la BD !

Quoi ? Pas de chronique d'album aujourd'hui sur IDDBD ?. C'est l'arnaque ! Au vol ! Remboursez ! Ohla ! On se calme ! S'il n'y a pas de chronique d'album aujourd'hui, on parle quand même de BD ! Et si vous y prêtez attention, cette chronique va vous permettre de découvrir l'envers du décor, les coulisses de la bande dessinée, le back-office du strip, bref de savoir comment se construit une bonne BD ! Pour cela, la recette est simple : allez visiter l'exposition "Les secrets de la Bande Dessinée" qui se tiendra dans votre ville (ou dans une ville proche de la vôtre..) du 29 mai au 5 juin 2006, à l'occasion de la Fête de la BD. Vous y découvrirez quelques notions simples de la création d'une BD, les petits codes techniques qui passent souvent inaperçus pour bon nombre de lecteurs (après, vous pourrez faire les kékés sur les forum ou dans les réunions de famille !). La première partie de l'exposition est consacrée au scénario, à la documentation, au dessin et à la diffusion. La seconde partie de l'expo rend compte - en une quinzaine de panneaux - de la diversité de la BD actuelle en explorant les différentes formes de cases, de bulles, de planches, de lettrages, de couleurs, de décors, de plans, d'effets sonores, etc... Outre l'exposition, vous pourrez, au cours de cette semaine de fête, faire main basse sur l'un des 400 000 exemplaires de l'album spécialement publié par le Syndicat national de l'édition (et tous ses partenaires). Comment ? En vous rendant sur l'un des lieux d'exposition ou participant à la Fête de la BD (librairie, médiathèque...). Une version de cet album s'adresse plus particulièrement aux adultes, l'autre version est destinée aux jeunes... Pour finir, après que vous vous soyez rendus à l'exposition puis dans l'un des lieux de fête, vous rentrez dare-dare à la maison pour vous atteler à la planche à dessin pour participer au concours "Faites de la BD". L'objectif : imaginer une histoire en trois cases ! Les bulletins de participation sont à retirer dans les lieux participants. Voilà, vous savez à peu près tout. Maintenant, il n'y a plus qu'à... A visiter : le site officiel de la Fête de la BD 2006 A découvrir : le programme des festivités sur le site de la Fête de la BD 2006 A lire : pour les plus accros d'entre vous, le dossier de presse (fichier pdf zippé, en téléchargement)

Big Bill est mort

(scénario de Wander ANTUNES, dessin de Walther TABORDA, éditions Paquet) A IDDBD, on aime la belle BD intelligente mais pas gnan-gnan ou moralisatrice. Avec Big Bill est mort, nous voilà servi, et de quelle manière ! Le dessin est superbe, les couleurs toujours posées à bon escient et le scénario tient la route. Que demander de plus pour passer un bon moment ? En 78 pages qui filent comme le vent, Antunes et Taborda évoquent le destin d'un grand noir, le Big Bill du titre, retrouvé pendu un beau matin en face de la maison de sa mère et de ses deux frères. Nous sommes dans les années trente, dans le sud des Etats-Unis, et à cette époque, il ne fait pas bon être noir... Surtout lorsque, comme Big Bill, on mène une vie... comment dire... légèrement dissolue. L'alcool, le jeu, les maîtresses (dont une blanche, la femme d'un redneck...) et quelques magouilles scellent le destin de Big Bill. Cette vie, ce destin, ce sont ses frères, Jim et le Buck, qui les rappellent, alors qu'ils devisent près de l'arbre où est pendu Big Bill. Sous forme de flash-back, on se prend d'amitié pour ce grand noir qui refuse de baisser la tête devant les bouseux de coin perdu de l'Amérique raciste. Certes, ce n'est pas un ange. Mais rien qui ne justifie son sort... Disons-le encore une fois, Big Bill est mort n'est pas une BD moralisatrice. Les auteurs évitent le pathos mais évoquent avec justesse la condition des noirs américains au début du XXème siècle : injustice, violence, humiliation... et meurtre sont alors monnaie courante. En la forme, les choses ont évoluées depuis... mais sur le fond ? Antunes et Taborda ont récemment récidivé avec Paradis distant qui, sans être une suite de Big Bill est mort, évolue dans le même univers, à commencer par la même ville. Tout aussi excellent que Big Bill est mort, IDDBD le chroniquera très prochainement. Restez à l'écoute ! A dévorer (pour vous mettre l'eau à la bouche) : les premières pages de Paradis distant sur BDGest.com A lire : la fiche album sur le site des éditions Paquet A découvrir : les biographies d'Antunes et Taborda sur le site des éditions Paquet

La nuit du manga

Vous le savez, IDDBD jusque-là ignare en la matière, s'est ouvert depuis peu au manga. "Il était temps !" diront les esprits chagrins, et ils ont raison. Ceci dit, les mêmes esprits chagrins connaissent-ils toute la profondeur, toute la diversité, tous les talents de la BD européenne et américaine ? Non ? Bon alors... Bref, pour ne pas entrer dans une polémique aussi stérile qu'artificielle, et pour faire court, IDDBD a récemment découvert le manga... et il aime ça ! Aussi, comment passer à côté du plaisir de vous parler de la prochaine Nuit du Manga qui se déroulera à Paris le 4 juin prochain ? Et bien justement, en ne passant pas à côté de ce plaisir et en vous annonçant le programme de cette soirée spéciale qui se tiendra au Glaz'Art, le 4 juin 2006, de 18h00 à 2h00 (à cette heure là, vous devriez avoir les yeux comme ceux des personnages de manga !). Ah ouais, et keskissivasepasser au cours de cette Nuit du Manga ? Oulala ! Plein de choses ! Vous ne pourrez pas vous y ennuyer : exposition manga, initiation au jeu de Go, initiation à la calligraphie, projections de films d'animation et série manga, stands de boutiques manga et fanzines, concours de jeux vidéo et musicaux (Dance Dance Revolution), et enfin Cosplay (avec remise du plus beau déguisement de la soirée). Bref, le Glaz'Art se transformera, pour quelques heures, en temple du manga avec une ambiance du tonnerre de Brest (ah non, mince, ça c'est plutôt Tintin...). En tout cas, La Nuit du Manga est le rendez-vous incontournable des fans de manga et de tous les curieux. IDDBD se classant sans complexe dans les deux catégories, nous y serons ! En attendant, félicitations aux organisateurs, tous étudiants de Licence à Paris-Sorbonne, très motivés, très compétents et très pro... A visiter : le site officiel de La Nuit du Manga A voir : le site de Glaz'Art

Quotidien délirant

(scénario et dessin de Miguelanxo Prado, collection Studio à suivre, éditions Casterman) La preuve que l'on peut faire de l'humour tout en ayant un propos intelligent ? Quotidien délirant de Miguelanxo Prado vous donnera déjà un bon échantillon de ce que peut faire un dessinateur de talent doublé d'un redoutable observateur de nos travers quotidiens. Car justement, les quotidiens de Miguelanxo Prado sont moins délirants que ne pourrait le laisser penser le titre et la première histoire de l'album. Toutes les mini-nouvelles rassemblées par Casterman dans ce one-shot percutant abordent nos comportements les plus tordus (apparences sociales, relations de couples, relations de travail, contradictions personnelles, rapports avec notre environnement, la technologie, etc...) de manière incisive et assez acide en définitive. On s'y reconnaît forcément à un moment ou à un autre (non, je ne vous dirais pas dans quelles histoires !), même si l'on a tendance à retrouver plus facilement les travers de ses voisins (là par contre, je peux balancer si vous le souhaitez !)... Le trait de Miguelanxo Prado est tout aussi tordu que ses histoires. C'est vrai, ce trait est parfois "changeant" d'une nouvelle à l'autre mais toujours de qualité, et toujours au service du récit. Mais surtout, ses couleurs sont magnifiques, tant dans le choix des tons que dans les matières ! Ne serait-ce qu'à ce titre, Quotidien délirant mérite d'être lue. Alors, quand en plus de la forme, on y ajoute le fond... plus d'hésitation ! Bon, et puis à IDDBD, on aime les auteurs espagnols (va savoir pourquoi...), alors... A lire : la bio de Miguelanxo Prado sur le site toutenbd.com