Le journal de mon père

(scénario et dessin de Jirô Taniguchi, aux éditions Casterman) Attention, chef d'oeuvre ! Si vous avez lu la chronique d'IDDBD du 18 mars dernier consacrée à L'orme du Caucase, vous savez déjà tout le bien que l'on pense de Jirô Taniguchi. Avec Le journal de mon père, vous ne pourrez plus douter une seule seconde que ce mangaka japonnais est l'un des plus grand auteur de BD contemporain. Cet album est un sommet de grâce, d'émotion et d'intelligence. Jirô Taniguchi y développe les thèmes qui lui sont chers et dont il nous parle avec une sensibilité rarement atteinte : le passé, les relations filiales, la séparation, l'éloignement, l'apaisement... Yoichi Yamashita retourne à Tottori, sa ville natale, après quinze ans d'absence. A la demande de sa femme, et avec réticence, il part assister à la veillée funèbre de son père qui vient de mourir subitement à l'âge de 62 ans seulement. Ce moment, au cours duquel la famille et les voisins se réunissent pour évoquer le défunt, est pour lui une véritable torture. D'abord parce qu'il n'a jamais pardonné à son père son attitude distante, son manque de disponibilité, en un mot son manque d'amour et d'attention... Se retrouver là, au milieu de tous ceux qui sont restés à Tottori et cotoyé son père, le met donc particulièrement mal à l'aise... Pourtant, au fur et à mesure de la soirée, les raisons du malaise de Yoichi changent. Les évocations de son père par son oncle Daisuké, par sa propre soeur et les voisins de passage dessinent le portrait d'un homme finalement très éloigné de l'image qu'il en avait. Les souvenirs oubliés remontent à la surface. Le passé ressurgit. Et sa vision des évènements se modifie. Peu à peu, imperceptiblement, la compréhension fait place à la colère, et l'amour remplit le silence de quinze ans d'absence. Avec des mots simples, sincères, sans grandiloquence et sans pathos de pacotille, Jirô Taniguchi nous conte une histoire belle et tendre des retrouvailles d'un fils avec son père. Le journal de mon père est une oeuvre incontournable, essentielle. Edité en trois volumes en France, en 1999 et 2000, dans la collection Manga de Casterman, Le journal de mon père est disponible, depuis 2004, en un seul album dans la collection Ecritures du même éditeur. A lire : la fiche sur le site Casterman A lire : l'excellente chronique de Benzinemag A lire : un très bon portrait de Jirô Taniguchi sur Paris Etudiant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *