Interview | Bartolomé Segui ? C’est lui… (première partie)

Aujourd'hui et demain, IDDBD vous propose la traduction d'une interview passionnante de Bartolomé Segui que vous pouvez lire dans sa version originale, en espagnol, sur le blog d'Xastrino (que je remercie très sincèrement). Vous avez oublié Bartolomé Segui ? Mais si, rappelez-vous Le rêve mexicain qu'IDDBD vous a présenté le 6 avril dernier ! Ingrats va ! Xastrino  : Bon, Bartolomé, la question avec laquelle je commence toutes mes interviews : te rappelles-tu quand et comment tu es devenu accro aux bandes dessinées ? Bartolomé Segui : D'aussi loin que je me souvienne, je passais mon temps dans ma chambre à dessiner et lire des BD. Je copiais tout, Lucky Luke, Astérix, Anacleto... Ma première bande dessinée, quelques pages de cahier agraffées avec une couverture et une quatrième de couv' annonçant le numéro suivant, était une satire de Spiderman que j'ai faite, je crois, à l'âge de 10 ans. A partir de là, j'ai continué les lectures et mes dessins... qui se sont seulement adaptés aux auteurs que j'ai découverts tout au long des années 80. Vous savez... Moebius, Breccia, Hugo Pratt... Xastrino  : Quand et comment as-tu commencé à travailler dans la BD ? Bartolomé Segui : A 20 ans, je suis parti à Barcelone sous prétexte d'apprendre la peinture, mais ma véritable intention était de présenter mes dessins aux éditeurs de BD. Par hasard, je suis entré en contact avec Leo Sanchez et je lui ai montré quelques planches. Un nouveau magazine, Metropol, venait de sortir et j'imagine qu'il leur manquait de la matière. Aussi m'ont-ils passer un scénario de Mariano Hispano. Le mois suivant, j'ai continué avec une histoire de 4 pages et le mois suivant avec une autre de 6 pages. Malheureusement, le magazine a cessé de paraître avant que je puisse leur présenter une histoire de 32 pages ! Malgré tout, et pendant que je faisais un type de BD "en costumes", les études de peinture m'ont permis de découvrir la liberté des avant-gardistes des années 80, et la "movida" qui nous venait de Madrid au travers de la revue Madriz ma permis de développer une facette plus picturale à la manière des grands Javier de Juan, Ana Juan, Keko... Et ainsi, je me suis vu dédoubler mon travail : vers Madrid, les pirouettes et les découvertes formelles, et dans les pages d'El Vibora y Cairo les BD quotidiennes sur ma vie dans la grande cité. Xastrino  : Tu as une autre personnalité cachée à part celle d'auteur de BD ? Bartolomé Segui : Ces dernières années à Barcelone, je me suis surtout consacré à l'illustration. J'ai illustré divers contes pour enfants et couvertures pour El Pequeno Pais (Le petit pays). Une fois à Mallorque, j'ai commencé à travailler dans une agence de pub où j'ai découvert les ordinateurs et le graphisme. Tout ceci, en plus de la "colonie" de dessinateurs qu'il y a à Mallorque, m'a pousser - avec Sonia Delgado - à proposer  un supplément jeunesse au quotidien Ultima hora (dernière heure), puis à éditer ensemble (avec Sonia Delgado) notre propre revue Esquitx. C'est une revue trimestrielle en catalan - nous arrivons déjà au numéro 20 (en septembre 2005, ndt) - dans laquelle nous avons publié des pages de Max, Pere Joan, Alex Fito, Sonia Pulido, Vaquer, Linhart, Gabi Beltran... y le Titeuf de Zep ! Parallèlement à tout cela, et malgré le fait que je vive dans un petit village à l'écart (miracle de la toile globale !), les propositions pour illustrer les livres n'ont pas cessé d'affluer, de sorte qu'actuellement, je réparti mon temps entre l'illustration, quelques travaux plus concrets de graphisme et, parce que notre amour est un amour fou (en français dans le texte), ma chérie m'a demandé d'e dessiner quelques vignettes pour quelques causes perdues. Xastrino  : Avec quelle bande dessinée as-tu débuté ? Bartolomé Segui : Si tu te réfères à la BD, la première a été cette BD de deux pages pour le magazine Metropol. S'il s'agit d'album, le premier a été A salto de mata (Le saut de la mort), une compilation d'jistoires inédites du détective Simon Feijoo qu'a publiée la défunte maison d'édition Complot. Xastrino  : De toutes tes oeuvres, desquelles es-tu le plus fier et pourquoi ? Bartolomé Segui : C'est toujours une question à laquelle il est difficile de répondre. Je suis très critique sur mon travail. Je voudrais dire qu'habituellement, il ne me plaît pas plus une fois que je le vois imprimé. J'ai beaucoup de tendresse pour les séries que j'ai faites pour El Vibora et pour Simon Feijoo, récemment compilées par les Editions du Ponent, mais je crois que ce dernier travail, Le rêve mexicain, est le meilleur sur plusieurs points. Xastrino  : Quels projets as-tu maintenant ? Bartolomé Segui : Je ne veux pas être pessimiste, mais le monde de la BD espagnole est au niveau le plus bas. Oui, il y a beaucoup d'éditeurs "indépendants", beaucoup de revues et beaucoup d'auteurs qui ont un bel avenir devant eux, mais quel futur lorsque le prix payé par page représente la moitié de celui qui se payait dans les années 80 ? Ainsi, en Espagne, je crois que ceux qui dessinent des BD le font par plaisir, plus pour eux-mêmes que pour l'argent... ce que je veux dire c'est que je ne m'embarquerais que dans des projets qui m'apporteront aussi une satisfaction personnelle... ça oui... avec une vue sur le marché français, à des années lumières du nôtre. Xastrino  : S'il te plaît, conseille-nous une BD en nous expliquant ton choix. Bartolomé Segui : De mes récentes découvertes me reste Baru et son Autoroute du Soleil (El camino de América en espagnol, ndt). L'apparente facilité de son style et le rythme de ses histoires, très cinématographique, m'impressionnent. En peu de mots, son efficacité de narrateur. C'est qu'avec l'âge, je lis des choses qui me racontent des histoires. Demain, la suite...

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