Chronique | La ligne de front – Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh

(scénario et dessin de Manu Larcenet, couleur de Patrice Larcenet, aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote) Lorsqu'il décide de décrire l'horreur de la guerre, et le cynisme, l'imbécilité, et la cruauté des élites qui la provoque, Manu Larcenet manie avec virtuosité deux armes de dénonciation massive : l'humour et le surréalisme ! Effet dévastateur garanti ! Dans La ligne de front, Vincent Van Gogh (qui bien entendu n'est pas mort en 1890 comme vous pourriez le lire dans n'importe quel livre d'histoire de l'art...) est invité par le président du conseil et l'Etat-Major à capter et peindre l'esprit de la guerre (nous sommes entre 1914 et 1918) pour leur expliquer pourquoi les poilus rechignent tant à monter au front ! De cette situation de départ totalement surréaliste, Manu Larcenet tire une salve de réflexions sur la guerre (et un peu sur l'art), tour à tour hilarantes ou graves mais toujours justes et profondes. De ses rencontres avec des déserteurs, des généraux, des hommes de troupes... et de la mère des obus, Vincent Van Gogh rapporte des témoignages très touchants, sous une apparente simplicité de ton et de propos. Le dessin de Manu Larcenet sert encore une fois merveilleusement son propos (ah ! les dessins d'engoulevents !). La ligne de front est certainement l'un des témoignages les plus poignants qu'il m'ait été donné de lire (et de voir) sur la stupidité de la guerre. Un album indispensable, comme tous ceux de Manu Larcenet... A visiter : le site de Poisson Pilote, la collection de Dargaud où est édité La ligne de front

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