Chronique | W.E.S.T

scénario de Xavier Dorisson et Fabien Nury, dessin et couleur de Christian Rossi, aux éditions Dargaud, 2 tomes Quel peut bien être le lien entre des personnages aussi différents que William Burns, gouverneur adjoint de l'Etat de New-York retrouvé pendu dans son salon alors qu'il portait sur lui les vêtements de sa nièce, Edward Goldsmith, un district attorney qui s'est défoncé la tête contre les murs de sa cellule de Sing Sing où il était incarcéré pour détournement de fonds publics, George Coolidge, professeur de philo à Harvard qui se défoulait sur les clochards de Boston à coup de barre de fer jusqu'à ce qu'il s'immole par le feu lorsque la police est venu l'arrêter, Harvey Dawson, magnat de l'armement qui s'est tiré une balle dans la tête avec son fusil de collection préféré après avoir trucidé sa femme et sa domestique, et, enfin, l'évêque O'Connoly, vidé de son sang au cours d'un antique rituel de messe noire organisé dans sa cathédrale ? Vous ne voyez pas ? Pourtant des points communs, il n'en manque pas. Jugez plutôt : jusqu'à se qu'ils se suicident (car il s'agit bien à chaque fois de suicides), ces personnages vivaient tous aux Etats-Unis, à New-York ou à proximité, au début du XXème siècle. Ah, j'oubliais, ils faisait tous les cinq partie du Club Century. Un club assez particulier, ma foi... C'est d'ailleurs à cette conclusion que parviendront (à la fin du premier tome) les membres de la Weird Enforcement Special Team (W.E.S.T.), une équipe secrète de quelques hommes triés sur volet par Richard Clayton, un haut fonctionnaire de Washington, et dirigés par Morton Chapel, le vrai patron, une pointure... Entouré du Coursier (unmystérieux homme à tout faire), d'Angel Salvaje (un indien catholique porté sur l'exorcisme), et de Joey Bishop et Bart (tueurs à gages patentés), Morton Chapel se lance à la poursuite d'une entité plus que maléfique (c'est peu de le dire !). Plusieurs pistes s'offrent à eux : un journaliste du Morning Sun, quotidien miteux de New-York, semble posséder des informations de première main sur les suicides, tandis que le fils de l'ambitieux sénateur Lennox paraît lui aussi en savoir plus qu'il ne veut bien le dire à sa soeur Kathryn, docteur en psychiatrie qui finira bien entendu par croiser la route de la W.E.S.T. Cette histoire en deux tomes (les BD en peu de tomes sont aussi très agréables...) est un mélange des Mystères de l'Ouest (sans le docteur Loveless, les petits costumes très ajustés de James West, et les  déguisements bidons d'Artemus Gordon !) et des Incorruptibles (sauf que Morton Chapel est un peu plus péchu qu'Elliot Ness et que le patron du Club Century ferait passer Al Capone pour un enfant de coeur), sans oublier la dimension radicalement fantastique de ce dyptique qui lui donne un souffle épique particulièrement puissant. Une excellente BD, halletante, dynamique, efficace, à lire d'une traite sans s'ennuyer une seule seconde. Foi d'IDDBD, à l'WEST, rien que du nouveau ! Vous aimerez W.E.S.T. si vous aimez : les Mystères de l'Ouest (lorsque vous étiez jeunes...), les Incorruptibles (pour la bande de copains super professionnels...), les complots (surtout ceux qui visent à prendre le contrôle des Etats-Unis...), les sociétés secrètes (méchantes...), le fantastique (teinté d'occultisme). A voir encore (si ces planches vous ont accroché) : les premières planches du tome 1 (La Chute de Babylone) et du tome 2 (Century Club) sur amazon.fr A lire : la fiche de WEST et l'interview des auteurs sur le site des éditions Dargaud. A visiter : le (superbe, magnifique, grandiose) site dédié à WEST

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