Interview : Hervé Bourhis et Rudy Spiessert (II)

Ecrits et chuchottements... IDDBD : Ingmar, c'est l'album de la maturité ? Hervé : Je ne sais pas. Je n'espère pas. Personnellement, si je suis arrivé à maturité, la prochaine étape est la décomposition, non ? chez un fruit, c'est ce qui se passe en tous cas. Rudy : La maturité non, mais du point de vue du dessin je l'assume mieux que les précédents. En général quand j'ai fini un album j'en suis si peu satisfait que j'ai envie de le brûler et de me cacher dans un trou, là ça va un peu mieux. IDDBD : Autre question classique (c'est comme les pizza, ce ne sont pas les plus mauvaises...) : quelles sont les BD qui ont marqué votre enfance et celles que vous lisez actuellement ? Que conseilleriez-vous aux lecteurs d'IDDBD en ce moment ? Hervé : Ce que je lisais en 1985 : Bébert le cancrelat (Yann et Conrad), La mauvaise tête (Franquin), un Pilote de 1971, Broussaille, Strange, Titans, etc... Ce que je lis aujourd'hui : Le photographe 3, Demi-course et casquette Motul, Blondin & cirage "kamiliola", Le portrait (Dauvillier & Ravard), Acme novelty date book (Chris Ware) Rudy : Mes indispensables de 1985 : le Zonard des étoiles (Tramber et Jano), Virus (Tome et Janry), Le lutin du Bois aux roches (Peyo). Et mon album de chevet du moment date de l'an dernier, c'est "Jazz" de Blutch. IDDBD : Rudy, as-tu des idées de scénarios dans tes cartons (si tel est le cas, on dira rien à Hervé...) ? Rudy : Oui, un projet autobiographique sur mon enfance au cirque, mais au rythme où j'écris c'est pas pour tout de suite. IDDBD : A part la suite des aventures d'Ingmar (vous n'avez pas intérêt à arrêter !), avez-vous d'autres projets en vue (même hors BD) ? Hervé : En mai : Comix remix 2. En juin : le Stéréo-club 3. Et d'autres projets secrets qui, par essence, ne seront pas révélés ici et maintenant. Rudy : Voilà, en juin le Stéréo-club et ensuite le premier tome de Comme tout le monde, une série avec Denis Lapière et Pierre-Paul Renders au scénario. IDDBD : Merci à vous deux d'avoir pris le temps de répondre à nos questions (surtout avec le programme que vous avez !). Longue vie à Ingmar, par Thor, Odin et tout le tralala (heu... le Valhala) ! A visiter : le site Expresso des éditions Dupuis A lire : l'interview d'Hervé Bourhis et Rudy Spiessert sur le site Dargaud (pour Stereo Club) A voir : Hervé Bourhis a eu la gentillesse d'offir aux lecteurs d'IDDBD un magifique dessin (les auteurs de BD sont comme ça : ils vous concoctent de supers albums, ils répondent à vos questions et en plus ils vous offrent un dessin ! Le tout en étant en train de préparer la suite !). Merci Hervé et à bientôt ! Suite de l'interview commencée hier avec, à la fin, la surprise annoncée...

Interview : Hervé Bourhis et Rudy Spiessert (I)

Ecrits et chuchottements Le 16 février dernier, IDDBD vous faisait découvrir un nouvel album fraichement débarqué dans les bacs en même temps qu'un petit viking malingre mais malin comme un singe : Ingmar. IDDBD vous disait tout le bien qu'il pense du premier tome d'une série qui promet d'être l'une des meilleures de sa catégorie. Ses auteurs, Hervé Bourhis et Rudy Spiessert, ont eu la gentille de nous en apprendre un peu plus sur Ingmar et sur eux-même. Interview... IDDBD : Ingmar n'est pas votre première collaboration (voir notamment la série Le Stéréo Club chez Dargaud). Comment vous êtes-vous rencontrés ? Hervé : On était dans la même école de graphisme, à Tours. Il était le meilleur de la promo, on avait des amis communs mais moi je ne l'aimait pas trop. Parce que je le trouvais hautain. Et puis, c'était le meilleur alors j'étais jaloux. Et puis 5 ou 6 ans après on s'est croisé dans le métro à Paris et on a repris contact. On avait changés tous les deux et on faisait le même métier à cette période là, du design de site web. Rudy : Doué et hautain ? c'est drôle moi je te trouvais branché et snob. On devait être des chics types à 20 ans... IDDBD : Question classique : comment est née l'idée d'Ingmar ? Hervé : C'est Rudy à la base. Vas-y, raconte. Rudy : Une Walkyrie m'a parlé dans mon sommeil, au matin j'ai fait un dessin qui est à peu près celui de la couverture. Le petit viking était là et il s'appellait déjà Ingmar. Je l'ai envoyé à Hervé, ça l'a rendu tout fou et il a très vite écrit un premier jet de l'histoire. C'est très spontané tout ça finalement. IDDBD : La saga d'Ingmar est-elle déjà planifiée ? Ou laissez-vous les dieux (y compris le dieu maigre) vous guider ? N'hésitez pas à nous mettre l'eau à la bouche pour le prochain tome... Hervé : Le tome 2 est écrit, j'ai le principe du 3. La deuxième histoire a pour titre de travail "tête noire", c'est la suite directe du premier album, Ingmar escorte la nièce du moine irlandais au couvent. Mais un être étrange rode autour du campement une nuit. Des têtes de poules sont clouées sur la cariole... Du suspense, de l'humour, des lacs, du sexe, des réflexions folles sur la religion, tout cela pour moins de 10 euros. Sortie prévue janvier 2007. IDDBD : Encore un an ! Bon ben, on attendra le coeur battant ! Tiens, en parlant de coeur qui bat, donc de rythme, donc de musique (oulala la transition !), la musique a disparu dans Ingmar (par rapport à vos précédents albums), en revanche les interrogations métaphysiques sont plus présentes et plus explicites que dans vos précédents albums. Ingmar, c'est un virage ? Une évolution ? Hervé : On voulait faire une série franco belge classique d'humour et d'aventure telle qu'on pouvait la trouver dans le catalogue Dupuis en 1965 (avec un ton contemporain évidemment). Le rapport à la spiritualité dans cette série est la réaction directe au retour actuel du religieux sur cette planète, qui personnellement me fait froid dans le dos, étant un laïc forcené qui considère que la religion doit rester dans la sphère privée. On en est loin actuellement, il suffit de lire les journaux... ou certaines bandes dessinées actuelles... À l'époque d'Ingmar le rapport au spirituel était évidemment différent, mais j'aime bien placer des éléments ou reflexions plus contemporains. Le plus absurde étant que pour parler de mon désintérêt pour les religions, je passe mon temps à lire des bouquins sur les religions. C'est du masochisme. A lire (demain) : la suite de l'interview avec une surprise comme on les aime bien... A relire (de suite) : la chronique d'IDDBD consacrée à Ingmar.

La critique du Professeur Sintès

Hélas, impossible de décoller le professeur Sintès qui nous revient cette semaine plus en forme que jamais... Bonjour, bonjour public adoré ! Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas sur IDDBD ! Ce qui est était un blog BD avec soi-disant une chronique quotidienne se résume à un interview en deux parties (Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray pour la série Lincoln les 20 et 21 février), deux chroniques (Luuna et Maus les 22 et 23 février), un publi-reportage (les éditions Glénat le 24 février) et la suite d'une trop longue série d'articles sur une trop longue série de BD (Donjon Potron-Minet le 25 février). Résultat des courses : pour celles ou ceux qui cherchent ici des idées de BD à lire et à découvrir (ce qui était le concept de base, je le rappelle pour ceux qui n'auraient pas saisi !), passez votre chemin ! Deux chroniques en tout et pour tout ! La BD vous intéresse ? Allez voir ailleurs ! Jetez un coup d'oeil à la liste des liens sur le côté, là... oui, là... IDDBD se transforme peu à peu en une sorte d'annuaire de liens. C'est déjà pas mal me direz-vous. En tout cas c'est mieux que les sempiternelles chroniques calamiteuses... voire miteuses tout court ! A bon entendeur, salut ! La réponse d'IDDBD : là, le professeur Sintès exagère ! Qu'il pense ce qu'il veut des chroniques d'IDDBD, c'est son droit, et d'ailleurs nous lui donnons tous les dimanche la possibilité de cracher sa bile sur notre blog. Mais de là à dire qu'IDDBD ne donne pas à nos lecteurs d'idées de BD (ce qui est sa vocation)... Les interviews que nous publions apportent (nous l'espérons) une information supplémentaire par rapport aux chroniques et une envie nouvelle de découvrir la BD concernée. C'est en tout cas ce qui nous a guidé pour l'interview d'Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray pour la série Lincoln. C'est aussi, nous ne le cachons pas, une façon de rendre hommage aux artistes qui produisent des oeuvres que nous aimons particulièrement. Dès demain, nous renouvelons d'ailleurs l'expérience avec l'interview d'Hervé Bourhis et Rudy Spiessert pour Ingmar. Quant aux autres chroniques d'IDDBD, vous reconnaîtrez, si ce n'est leur qualité (vous êtes seuls juges), au moins leur éclectisme : IDDBD aime toutes les formes de BD, seule la qualité compte. Et oui, cher professeur Sintès, on peut aimer Luuna (pour passer un bon moment de détente), Maus (pour réfléchir et s'enrichir au plan humain),  la série Donjon (pour rigoler). Enfin, les "publi-reportages" comme vous les appelez n'ont d'autre but que de familiariser nos lecteurs avec les maisons d'édition BD, peut-être moins connues des néophytes que celles de la littérature. Il s'agit de vraies chroniques, étant précisé que nous ne parlons sur IDDBD que de ce qui nous plaît. Tout simplement...

Chronique | Donjon Potron-Minet

scénarios de Joann Sfar et Lewis Trondheim, dessins de Christophe Blain, couleurs de Walter, aux éditions Delcourt Nous continuons notre ballade en Terra Amata, cet univers aventureux-fantastique créé par les compères Sfar et Trondheim. Cette fois-ci, c'est Christophe Blain qui prend les pinceaux pour nous entraîner du côté d'Antipolis, la capitale, énorme cité rongée par le vice et la corruption. Envoyé par son père, le jeune et naïf Hyacinthe de Cavallère y débarque  chez son oncle, le comte Frolotte, un des personnages les plus influents (et les plus corrompus) de la ville. Le petit provincial - plein d'un idéal chevaleresque dépassé - va y découvrir l'injustice et l'amour, et se transformer en une sorte de justicier maladroit en diable dénommé "la chemise de la nuit" ! A partir de là, les aventures s'enchaînent à un rythme endiablé, entre capes et épées, cavalcades nocturnes sur les toits d'Antipolis et tavernes enfumées, jeunes filles en fleurs (Horthense, Elise...) et maîtresse femme amorale (Alexandra)... Et si, au milieu de tout ce tumulte, Hyacinthe ne renonce pas à son idéal de justice ("Soyez sans crainte, fidèle Horthense, si je me bats c'est pour le vrai, le bien et le beau, pour que l'exemple de mes vertus rende cette ville d'Antipolis plus respirable... pour le panache, Horthense."), il devra choisir entre la douce Elise, sa compagne d'étude, et la fascinante Alexandra, croqueuse d'hommes et d'or... Etrangement, je vois poindre en vous l'inquiétude... Quel rapport entre ce romanesque récit "à la Alexandre Dumas" et les héroïques épopées médiévales fantastiques du Donjon Zenith et Donjon Parade que nous avons découvertes les semaines précédentes ? Dans des lieux aussi divers qu'Antipolis (tome -99 : La chemise de la Nuit), le château de son père (tome -98 : Un justicier dans l'ennui) et d'autres villes de Terra Amata (Necroville, Zaumatauxine... dans le tome -97 : Une jeunesse qui s'enfuit), et au milieux d'une foule de personnages hallucinants (des lutins, des brous, sortes de boucs-loups garous, Jean-Michel, un chat crapuleux...), le tourbillon des aventures rocambolesques de Hyacinthe de Cavallère est en fait toute la jeunesse du Gardien du Donjon ! On assiste ainsi à sa rencontre avec Alcibiade et Horous, jeunes étudiants comme lui ! On apprend d'où lui vient sa légendaire pipe (et son fabuleux tabac...) ! Et bien d'autres détails encore qui éclairent d'un jour nouveau toutes les autres aventures du Donjon ! A la lecture de Donjon Potron-Minet, vous commencerez donc à entrevoir l'étendu du monde de Terra Amata et de l'imagination de ses créateurs. Répétons-le pour les incrédules et les sceptiques : Sfar et Trondheim ont mis à jour un univers d'une richesse et d'une cohérence digne de celui de la Terre du Milieu, rien que ça. Et comme ils savent s'entourer de bons, de très bons, de très très bons compagnons dessinateurs (Larcenet, Blain...), le résultat est tout simplement stupéfiant, réjouissant et généreux ! Généreux ? Bien entendu : comment pourrait-il en être autrement lorsque l'on sait que Donjon Potron-Minet a été inventé pour permettre à Christophe Blain de collaborer à l'aventure Donjon ! Et puis, on y retrouve les petites touches de philosophie que l'on aime chez tous les auteurs qui ont traîné du côté de l'Association (le comte Florotte, répondant à son intendant à l'occasion du carnaval d'Antipolis : "Si tu savais comme je m'en fiche, mon bon Jean-Michel. Cette débauche d'effets visuels dépourvus de signification m'ennuie chaque année un peu plus. - Mais regardez, Monsieur le Comte, les gens sont très contents. - Vois-tu, Jean-Michel, c'est ce qui m'inquiète le plus" ou Hyacinthe à son père :"Les gens de ce monde moderne considèrent leurs semblables comme des outils, l'homme est pour eux un moyen, non une fin en soi. Cela laisse bien peu de place pour l'honneur, l'élégance et le panache"). Bref, quand humour rime avec intelligence... A lire (indispensable !) : la critique de Loleck et surtout la réponse et les commentaires de Joann Sfar (himself !).

Glénat

Editions Glénat Après Poisson Pilote, Delcourt et Soleil... Si vous jetez un coup d'oeil au rayon BD de votre bibliothèque municipale (IDDBD vous encourage à y jeter plus qu'un coup d'oeil...), vous aurez toutes les chances de tomber sur des albums tels que Les 7 vies de l'épervier, Les chemins de Malefosse, Le décalogueLe Triangle secret ou la très belle série Sambre. Qu'il s'agisse de BD réalistes et historiques (comme les quatre premières citées) ou de BD dites "ésotériques" (comme les trois suivantes), le point commun entre tous ces albums est d'être publiés par les éditions Glénat. Comme Guy Delcourt ou Mourad Boudjellal (éditions Soleil) dont IDDBD a déjà parlé les semaines passées, Jacques Glénat est un vrai passionné de bandes dessinées : alors qu'il n'était qu'étudiant, il a créé, en 1969, son premier journal de BD (Schtroumpf) puis, trois ans plus tard, une véritable maison d'édition (devinez son nom !). Le succès est tel qu'en 1974, c'est-à-dire après seulement deux ans d'existence, les éditions Glénat reçoivent le prix du meilleur éditeur à Angoulême ! Depuis, le succès des débuts s'est encore confirmé, même s'il a pris des voies un peu différentes... En effet, si les BD de Glénat que nous préférons à IDDBD sont celles des collections Grafica (Cuervos par exemple que nous avons chroniqué le 7 février), Loge Noire (dont nous parlerons très prochainement au travers d'album tels que Le Décalogue, INRI ou le Triangle secret... entre autres !), c'est avec les collections Tchô ! et Manga que les éditions Glénat conservent leur place de leader de l'édition indépendante : Titeuf (10 millions d'exemplaires vendus) et Dragon Ball (14 millions d'exemplaires) sont ses deux nouvelles locomotives. En matière de manga, Glénat a d'ailleurs été l'une des premières maisons (dès 1991) à comprendre l'importance et l'intérêt du phénomène. Bien que nous ne soyons pas spécialistes du genre à IDDBD, reconnaissons que cela mérite d'être salué (à ce propos, si vous souhaitez chroniquer des mangas, à votre rythme et sans pression, IDDBD vous accueille avec plaisir : laissez un commentaire ou envoyez un mail à l'auteur...). A visiter (en se balladant tranquillement) : le site des éditions Glénat

Chronique | Maus

Maus (scénario et dessin d'Art Spiegelman, publié en France aux éditions Flammarion) Il est des oeuvres d'art essentielles, des oeuvres qui - égoïstement - nous font nous sentir un peu plus humains. Ces oeuvres sont rares et précieuses. Maus est l'une de ces oeuvres. Pas seulement parce qu'elle est la seule bande dessinée a avoir reçu le prestigieux prix Pulitzer (en 1992). Ce n'est qu'une conséquence logique des qualités du chef d'oeuvre d'Art Spiegelman. Pas seulement parce qu'elle évoque la Shoah avec une intensité rarement égalée dans une oeuvre littéraire ou cinématographique... Ce qui fait de Maus une oeuvre aussi essentielle, c'est aussi la façon dont elle aborde la question du témoignage. Comment recueillir et retranscrire la parole des survivants de la barbarie nazie avant qu'elle ne s'éteigne définitivement ? C'est cette question qui taraude Art Spiegelman, tout autant que la teneur du témoignage. Pour en comprendre l'importance, il faut savoir qu'Anja, sa mère, elle-même rescapée des camps nazis, s'est suicidée 22 ans après... L'oeuvre d'Art Spiegelman est donc tout à la fois le témoignage de Vladek, son père, vieux juif polonais rescapé d'Auschwitz et immigré à New-York, et une chronique de la façon dont il a recueilli ces souvenirs. Pour cela, il lui a fallu surmonter les heurts, les non-dits, et la pudeur de la relation père-fils. Il lui a fallu voir Vladek tel qu'il était, avec ses travers, ses faiblesses, pour ne pas en faire un symbole héroïque mais juste le témoin très humain des évènements qu'il a vécus. Ce parti pris renforce la crédibilité du témoignage rapporté par Art Speigelman. J'avais d'abord écrit "renforce la crédibilité, s'il en était encore besoin, ...". Puis je me suis corrigé. Car malheureusement, "il en est encore besoin" lorsque les négationismes de tout bord se font chaque jour plus pressants. C'est aussi pour cela que Maus est une oeuvre essentielle. On en revient à la question du témoignage. Une dernière chose avant que vous ne vous précipitiez acheter ou emprunter cette bande dessinée : vous pouriez être destabilisés par le trait et l'absence de couleur. Ne vous en inquiétez pas. Vous vous rendrez compte que les choix artistiques d'Art Spiegelman accroissent la puissance de son oeuvre. L'emploi du noir et blanc s'impose d'évidence. Quant aux personnages, leur forme animale (les juifs sont représentés par des souris et les nazis comme des chats) atténue les repères visuels (photos, extraits de films) que nous avons habituellement sur la Shoah pour mieux la (re)voir, comme avec  des yeux neufs. Pour la petite histoire, Maus a été publié aux Etats-Unis à partir de 1972, d'abord sous la forme de courtes bandes dessinées (des strips), puis en 1977 sous la forme d'un premier recueil (Breakdowns, From Maus to Now) pour enfin aboutir, en 1982, à la version définitive du premier tome (A Survivor’s Tale). Publié d'abord dans la revue Raw, fondé par Art Spiegelman et Françoise Mouly, sa femme, puis par Pantheon Books en 1986, ce premier tome est suivi d'un second en 1991. Traduit en dix-huit langues, Maus est arrivé en France en 1987 (pour le premier tome, suivi en 1992 du second puis, en 1998, de l'intégrale, le tout chez Flammarion). A lire : la biographie d'Art Spiegelman sur wikipedia. A savoir : Art Spiegelman a réalisé, depuis Maus, un autre ouvrage important sur lequel IDDBD reviendra dans l'une de ses chroniques. Il s'agit de l'album A l'ombre des tours mortes, publié après les attentats du 11 septembe 2001...

Chronique | Luuna

Luuna (scénario de Didier Crisse,dessin de Nicolas Kéramidas, couleurs de Bruno Garcia, aux éditions Soleil) Dans les westerns hollywoodiens, les indiens connaissaient deux états naturels. Dans le premier, chevauchant leurs mustangs, ils ululaient en poursuivant un train ou une diligence, brandissant leurs tomahawks, leurs arcs et leurs flèches ou, quand ils avaient de la chance (et un peu de pognon...), leurs fusils... Dans leur deuxième état naturel, les indiens d'Hollywood, ils étaient morts... Heureusement, le cinéma américain s'est rendu compte par la suite que les indiens pouvaient aussi avoir des sentiments humains (des trucs comme souffrir, aimer, être joyeux ou tristes...), voire une certaine forme de sagesse (et pas seulement en dansant avec des loups d'ailleurs...)! La BD, quant à elle, s'en était rendu compte bien avant (IDDBD consacrera une prochaine chronique sur ce sujet)... Les quatre tomes de la série Luuna (le dernier est sorti le 25 janvier 2006) s'inscrivent dans cette vision humaniste de l'amérindien, avec un "je ne sais quoi" en plus qui la distingue des autres... Enfin, vous vous doutez bien qu'IDDBD a un avis sur ce "je ne sais quoi" ! Il me semble que l'un des intérêts majeurs de Luuna, outre les superbes dessins de Kéramidas et les couleurs somptueuses de Garcia, c'est que Crisse (efficace, comme d'hab'... quoi qu'en disent certains) nous raconte une histoire d'indiens d'avant les "visages pales". Et çà, ça change tout ! Avec Luuna, cette jeune squaw, on remonte aux sources pour découvrir le monde des "natives", un univers riche où les esprits, les hommes, les animaux ne forment qu'un tout inextricablement mêlé. Et l'on n'a aucun mal à suivre notre jeune héroïne dans son voyage initiatique. En plus, comme Crisse est un garçon intelligent, il a parfaitement su doser l'humour, l'action et la réflexion, ce qui fait de Luuna une série attachante, à plusieurs niveaux de lecture, qui plaira donc autant aux jeunes lecteurs (la série a été récompensée par l’Alph Art Jeunesse des 9/12 ans à Angoulême, en 2004) qu'aux autres (moins jeunes, forcément...). Bon, je ne vous fait pas plus l'article, il suffit de regarder les superbes planches de l'album (quel talent ce Kéramidas quand même !)... Le quatrième tome est sorti le 25 janvier 2006... L'aventure continue ! Et à IDDBD, on aime (des fois que vous n'auriez pas bien compris !). A lire : la quatrième de couv' du premier tome "Dans les légendes indiennes, la tribu mythique des Paumanoks était le lien entre le monde des dieux, celui de la nature et le monde des hommes. Luuna, la fille du grand Sachem des Paumanoks, est victime de la malédiction d'Unkui, le génie maléfique de la nuit. Il l'a affligée de deux totems. L'un bon, et l'autre non, car les nuits de pleine lune, Luuna fera le mal. Seuls les sorciers des grandes tribus du Sud, par-delà les déserts, pourront la guérir de ce sort. Suivez la route de Luuna, et découvrez la magie des mythologies indiennes." A lire : dans le magazine BullDozer de février 2006, un dossier sur Luuna et son dessinateur, Nicolas Kéramidas (sur lequel IDDBD reviendra prochainement) A visiter : le site des éditions Soleil et la page consacrée à Luuna

Interview : famille Jouvray (II)

Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray interviewés par Lincoln : châtiments textuels (part II) Aujourd'hui, la suite (et fin) de la publication de l'interview commencée hier sur IDDBD. Avec en prime la surprenante surprise promise ! Lincoln : Dis donc Jérôme, c'est les éditions Delcourt qui te repèrent à la fin de tes études et vous signez tous chez Paquet ensuite. Z'êtes pas un peu des enfoirés ? Surtout quand je vois les autres projets que vous avez ailleurs (deux séries chez Vents d'Ouest, "Waraba" et "Kia Ora" ; un manga chez le nouvel éditeur Les Enfants Rouges ; "L'idole" chez Futuropolis...). Bon, sérieusement, ça s'est passé comment la rencontre avec Paquet ? Y sont sympa au moins (sinon, j'y vais et je leur casse la gueule !) ? Jérôme : J'ai publié "Toile Cirée" avec Denis Roland au scénario en 1998 chez Delcourt, comme le projet que nous leur avons proposé ensuite ne leur plaisait pas, nous l'avons publié chez Paquet (La Région, 2001). Quand mon frère a écrit ta première aventure, nous l'avons proposé à Paquet, tout simplement. Nous avons gardé contact avec Delcourt et avons participé l'année dernière au collectif sur Goldman. Tu connais Goldman ? Olivier : Les auteurs n'appartiennent pas à leurs éditeurs mon coco ou sinon faut signer des contrats d'exclusivité et ça coûte la peau des olives. Signer dans plusieurs maisons d'éditions permet de publier différents types de bouquins, de varier les expériences humaines et surtout de garder une certaine indépendance. Lincoln : Ouais, encore une fois admettons... Comme vous l'savez, j'ai pas eu d'enfance. J'ai jamais lu de BD et j'ai pas l'impression que ça va s'arranger avec le temps, non ? Mais vous, qu'est-ce que vous lisiez étant gosses ? Plutôt Pif ou Mickey ? Et côté albums, c'était quoi ? Et en ce moment, vous lisez quoi ? C'est pour donner des idées aux lecteurs d'IDDBD... Olivier : Ben tiens, des histoires de cow-boys, Blueberry, Chick Bill et Kid Ordinn et les tuniques bleues. Je lisais aussi tout ce qui traînait dans la bibliothèque de mon père et il y avait des trucs un peu zarbes comme "La langouste ne passera pas" scénarisé par Jean-Yann. Aujourd'hui, je m'intéresse un peu à tout mais je suis assez attentif à ce qui nous arrive d'Asie parce que dans le manga, certains auteurs nous offrent des merveilles. Tu devrais t'y mettre d'ailleurs, mais avant, faudrait déjà que tu saches ce que c'est que l'Asie et que tu apprennes à lire. Jérôme : Le héros de mon enfance c'est superman, mais mon vrai héros de BD c'est Spirou...Ensuite, en grandissant (vers 12 ans) j'ai découvert Bilal et Moebius...Une des BD qui m'a confirmé mon envie de devenir dessinateur, c'est balade au bout du monde, de Makyo et Vicomte. Sinon, mes préférées sont : "Bone" de Jeff Smith, chez Delcourt, "20th Century boys" de Naoki Urasawa chez Panini Comics... Il y en a d'autres mais je vois bien que tout ces noms ne te disent rien et que tu dors depuis que je te parle.... Anne-claire : moi j'étais abonnée a PIF Gadget, de la tuerie ! les pois sauteurs, le couteau de Rahan !!!!! sinon je lis trés peu de BD, la BD c'est pour les neuneux c'est bien connu ! ? non ? Lincoln : Z'cusez-moi mais j'reviens sur votre interview dans BoDoï. Anne-Claire, elle sent le gasoil ? Non, parce que dans le n° 1 de Bulle d'Encre, elle déclarait que les coloristes étaient de véritables artistes, au même titre que le scénariste et le dessinateur. Et quand on voit tous les projets auxquels elle collabore "Betty Blues", "Escales", "Ernie Adams"...), on se demande pourquoi vous l'avez mise de côté dans l'interview de BoDoï ! Ah les marioles, j'vous jure ! Quoi ? Hein ? C'est quoi la question ? Y'en a pas, c'est juste un coup de gueule ! Olivier : Justement, les vrais artistes ont autre chose à foutre que d'aller faire les beaux dans les magazines ! Elle est au dessus de ça. Ou alors, c'est qu'elle s'était pas réveillée ce jour là... Jérôme : On va me dire que je fais encore mon fayot, mais Anne-Claire c'est la meilleure coloriste du monde !!!! Je te remercie de te soucier de ma femme, je pense que ça va lui plaire de savoir qu'un branleur comme toi pense à elle. Anne-claire : enfin quelqu'un de mon niveau , de mon rang, de mon team ! merci pour cette question, je pense effectivement que soit Bodoî n'avait pas de question a me poser ce jour là, soit j'étais au fond d'mon lit , comme une baleine échouée avec des contractions ! une 2éme "MERVEILLE DU MONDE" doit voir le jour au mois de Mai !!!!! Lincoln : Ca m'arrache la gueule, mais félicitations à Jérôme et Anne-Marie ! Dernière question. Olivier et Anne-Claire, ça me ferait quelle gueule si vous la dessiniez ? Et toi, Jérôme, y a une scène en particulier que t'aimerais dessiner ? Olivier : Vu comme je dessine, tu aurais la gueule du fils caché de John Merrick et de la mère Denis [respectivement Elephant Man et l'égérie de la marque d'électoménager Vedette dans les années 70, ndlr]. T'as pas à te plaindre donc... C'est vrai que t'as pas une tronche à emballer de la donzelle par paquet de douze mais t'es un aventurier solitaire, t'as pas besoin de ça. Jérôme : Je demande depuis un moment à Mon frère de raconter une de tes aventures dans le désert....Toi tout seul dans le désert sur 46 pages, je pourrait torcher ça en 12 jours, terrible !!!! Anne-claire : une fois en dédicace je t'ai esquissé, on a fait une dédicace a l'envers, en fait j'ai commencé par des taches de couleur , puis jérome a crayonné dessus et enfin olivier a rajouté une bulle ! une drôle de cuisine Comme Lincoln nous a planté là (je crois qu'il est vexé de ce que lui a répondu Olivier...), IDDBD reprend la main pour remercier chaleureusement Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray d'avoir bien voulu répondre à nos questions. Et en cadeau, voici la scène imaginée, dessinée et mise en couleur par nos trois artistes... A lire et à voir (absolument !) : l'expo de BDGest consacrée à Lincoln avec une interview déchaînée ! Excellent !

Interview : famille Jouvray

Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray interviewés par Lincoln : châtiments textuels (part I) Vous le savez : à IDDBD, on est fan de la série Lincoln. On se doutait bien que les auteurs de cette BD déjantée ne devaient pas être ordinaires... En fait, la réalité dépasse nos espoirs les plus fous ! Non seulement Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray sont intelligents et talentueux mais, en plus, ils sont d'une gentillesse à couper le souffle. La preuve, ils ont tout de suite accepté de répondre aux questions de Lincoln (à qui IDDBD a quand même filé pas mal de pognon pour qu'il accepte de se déplacer...). Ce qui nous fait bien plaisir, c'est qu'encore une fois, Lincoln en prend plein la gueule... Un pur moment de bonheur ! Lincoln : Salut les marioles, fais chier cet interview, j'ai pas qu'ça à faire alors on va faire bref, ok? Bon, j'ai lu votre entretien dans le BoDoï de ce mois-ci, z'êtes des stars, hein ? Va falloir me filer un peu plus de blé maintenant, hein ? Je passe sur vos vannes à propos de mon physique. De toute façon, j'me marre vu que j'ai reconnu Olivier déguisé en prisonnier dans "Châtiments corporels", le tome 4 (le barbu à casquette, c'est toi non ?)... Olivier : Raté mec ! Le barbu à casquette existe bien en vrai mais ce n'est pas moi. Si déjà t'es pas foutu de reconnaître ton créateur quand il se présente à toi, t'es peut-être pas digne que je daigne répondre à tes questions. Mais bon, qui dit créateur dit magnanimité et donc je passe l'éponge. Jérôme : Mon frère se prend pour Dieu depuis le début de cette histoire, ça craint....Je me demande qui est ton vrai créateur en fait ? C'est peut-être celui qui te dessine, celui qui t'a donné forme humaine, celui qui t'a donné un visage.....c'est....c'est MOI !!!!! Sinon, quoi ? tu veux du blé ? dégage crevard... Anne-claire : le p'tit barbu s'appelle en fait Nicolas , un mec bien ! Lincoln : Ouais bon admettons... Non, c'qui m'fais flipper, c'est que vous savez toujours pas c'que j'vais devenir dans le tome 5 ! Z'avez pas une p'tite idée, même vague ? Et au fait, y'aura combien de tomes en tout ? Olivier : Mais mon cher petit cow-boy, moi-même je ne sais pas ce qui adviendra de ma personne demain alors de quoi te plains-tu ? C'est la vie c'est tout, alors non, je ne sais pas encore ce que je te réserve pour le prochain tome, pas plus que pour tous ceux qui suivront, désolé. Jérôme : Mmmmmh, moi, j'ai bien une petite idée mais je la garde pour moi, je pense à te faire subir des trucs cochons entre autre...et puis tu vas toujours t'en prendre plein la gueule, ça c'est sûr. Lincoln : C'est ça Jérôme, crois-le... J'ai aussi lu dans vos réponses que vous z'avez eu le prix de la BD chrétienne en 2004. Et pourtant, bizzarement, j'l'ai pas vu mentionnée sur l'affiche promotionnelle jointe dans votre dernier album. Merde, z'avez honte ou quoi ? Ca fait tâche pour des auteurs de la "nouvelle BD française" ? Au fait, vous en pensez quoi de la "nouvelle BD française" ? Olivier : Obtenir ce prix a été une surprise inattendue (normal pour une surprise). Nous l'avons accepté parce qu'il nous montrait que chez les cathos comme dans n'importe quelle communauté religieuse, il y a aussi des gens qui ont l'esprit ouvert et qui tiennent à le faire savoir. Après, si nous ne l'avons pas ajouté à la liste, c'est tout simplement parce que nous n'avons pas spécialement envie de le revendiquer pour éviter les interprétations erronées. Et puis qu'est-ce que ça peut te foutre à toi qui a plutôt pour habitude de cracher sur les bondieuseries ? Quand à la nouvelle BD française, je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Si c'est dessiner autre chose que de la ligne claire, alors ça n'a rien de nouveau. Si c'est raconter le mal de vivre de trentenaires qui trottinent autour de leur nombril, ça ne m'intéresse pas d'en faire partie et si c'est simplement pour se distinguer de la bd à papa, du feuilleton à lire aux chiottes ou des histoires de barbares et de femmes à poil alors je trouve cela vaniteux. Il n'y a pas de nouvelle bd, il n'y a que des nouveaux auteurs, certains écrivent de belles histoires et d'autres écrivent des trucs moins bons ou carrément pourris, comme toujours... Jérôme : Punaise, comment il dénonce mon frère....ouais tout pareil...je fais mon fayot. Mon frère c'est le meilleur et il a toujours raison. La suite demain ! Avec une surprise supplémentaire ! Mais une surprise vraiment surprenante, hein ! Pas comme les surprises qui vous surprennent pas ! Non, là, ce serait plutôt du genre surprenant... A visiter (en attendant) : le site KCS (z'avez qu'à y aller pour savoir de quoi il retourne)

La critique du Professeur Sintes

Comme tous les dimanches, IDDBD vous propose de revoir la semaine écoulée sous l'oeil acéré du Pr Sintes, qui a la dent aussi dure que le nez creux pour les infos... Bonjour chers lecteurs ! Une semaine comme celle que nous venons de vivre sur IDDBD me remplit toujours de joie : elle est tellement morne, les chroniques sont tellement mauvaises que je sais par avance que je vais me régaler... Un carnage ! Aujourd'hui, ce sera un carnage les enfants ! Attaquons bille en tête par la chronique du 13 février consacré à la série Rapaces : vous allez me dire que j'ai une dent (de vampire... ah, ah, ah) contre IDDBD mais reconnaissez que l'article est racoleur au possible ! Ah la retape ! Les expressions "jeunes femmes en chemises de nuit" (dès le premier paragraphe), "bêtes [...] assoiffées [...] de sexe" dans le deuxième paragraphe, ou "les plastiques féminines sont un peu outrées" émaillent un propos convenu et téléphoné (ce qui est un comble sur Internet, ah, ah, ah)... Je ne parle même pas des photos "olé olé" des couvertures de la série, sensées émoustiller le lecteur et attirer le chaland... Que voulez-vous que je vous dises, vous me dégoûtez... Et tout de suite après ça, on enchaîne sur la superbe leçon de BD du 14 février ! Très intéressant la distinction entre BD académique et expressionniste... Non, vraiment très intéressant... enfin, pour l'auteur de la chronique, parce que pour tous les autres, hein ! On aurait préféré une chronique uniquement consacrée à l'excellent Isaac le Pirate, ça nous aurait largement suffit ! Vous pensez qu'après ça, le lecteur aura encore envie de découvrir la passionnante série de Christophe Blain... Ben voyons ! Le 15 février, la chronique de W.E.S.T. (un western fantastique, dans tous les sens du terme) a vaguement tenté de nous mettre l'eau à la bouche. Sans succès vous vous en doutez. Et ce ne sont pas les allusions nostalgiques aux séries de notre enfance (car j'ai été jeune moi aussi...) qui aurons réussies à nous faire oublier un style alambiqué au possible (dites-vous bien une fois pour toute qu'on ne comprend rien à vos chroniques !). La chronique consacrée à Ingmar (le 16 février) aurait mérité un interview des auteurs pour enrichir un contenu intégralement pompé sur le dossier de presse des éditions Dupuis. Ce excellent premier tome qui laisse présager une série très prometteuse aurait mérité mieux... Je ne parlerais même pas du publi-reportage (du 17 février) sur les éditions Soleil, quelles que soient leurs qualités par ailleurs... Je me suis suffisamment indigné dimanche dernier sur ce sujet. Ah, ah ! La soupe est bonne messieurs d'IDDBD ! Quant à la chronique consacrée à Donjon Parade, elle a le mérite de faire connaître cette série aux trois personnes qui ne la connaisse pas encore ! C'était hier et déjà elle ne nous manque pas ! Voilà pour une semaine que l'on aurait préféré passer à lire le Journal Officiel, certainement plus intéressant que cette suite de chroniques toutes plus bidon les unes que les autres. J'espère toujours lire la dernière chronique d'IDDBD, celle qui nous annoncera que le blog ferme... On a encore le droit de rêver... Un dernier mot tout de même : messieurs d'IDDBD, ceux qui n'ont pas le talent de créer des BD en parlent à longueur de temps... et ceux qui n'ont même pas le talent d'en parler devraient se taire ! A bon entendeur, salut ! La réponse d'IDDBD : c'est chaque fois un plaisir de retrouver le ton acrimonieux de notre cher professeur Sintes... Bien entendu, ses propos nous touchent... puisqu'ils occupent une place inutile que l'on pourrait consacrer à chroniquer une bonne BD (c'est peut-être une idée à creuser). Bien entendu, nous ne répondrons que pour dire que la richesse de la BD, c'est aussi sa diversité et que l'on peut apprécier Rapaces, W.E.S.T., les éditions Soleil et Donjon Parade tout en trouvant qu'Isaac le Pirate et Ingmar sont de superbes albums, n'en déplaise, une fois encore, aux esprits chagrins et bornés. Quant au contenu des chroniques, il ira en s'améliorant et en s'enrichissant, notre objectif étant toujours de faire découvrir la BD à un public de non spécialistes... Enfin, une bonne nouvelle de dernière minute (qui va scier en deux le Pr Sintes...) : vous pourrez lire, à partir de demain, une interview en deux parties d'Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray, les créateurs de Lincoln, et très prochainement une interview de Fanny Montgermont, l'auteure du très beau diptyque Elle. Nous espérons également pour très bientôt l'interview d'Hervé Bourhis et Rudy Spiessert (pour Ingmar). En attendant, à demain !